Roger-Luc Chayer
Un groupe de huit spécialistes de la santé et des affaires sociales de Montréal vient de lancer un cri d’alerte et exige que les autorités interviennent le plus vite possible contre les drogues de synthèse en circulation car, selon eux, il y aurait de plus en plus de jeunes adultes qui décèdent dès les premières utilisations de ces drogues. On parle même de fléau!
Tout d’abord, de quoi parle-t-on exactement quand on dit drogues de synthèse? Selon Wikipédia: «Les nouveaux produits de synthèse (NPS) sont des drogues synthétiques apparues récemment sur le marché des stupéfiants, et sur lesquelles il existe un vide juridique. Au départ principalement proposés à la vente sur Internet, ils sont de plus en plus fréquemment vendus par des «dealers» dans les lieux fréquentés par les usagers de drogues. Il est à noter que les acheteurs n’ont pour la plupart aucun moyen d’être certains du contenu réel ainsi que du degré de pureté de leurs achats, aussi soigneuse soit la présentation. Ils sont impliqués dans de nombreux cas d’overdoses ou de crises psychologiques («Bad Trips») et même dans plusieurs décès chaque année. En effet ces produits sont souvent très puissants (actifs à de très petites doses, parfois quelques dizaines de µg); le manque d’informations et de précautions élémentaires conduit parfois à des interactions avec d’autres substances qui peuvent s’avérer extrêmement dangereuses.»
Montréal serait une plaque tournante majeure pour la circulation, la fabrication et la consommation de ces produits. Selon le pharmacien ressource consulté par Gay Globe, «Il existe une telle panoplie de produits que même les spécialistes comme nous ne pouvons tous les connaître. Imaginez des jeunes sans expérience qui veulent essayer ces produits».
Il existerait actuellement à Montréal une situation de crise due à la forte consommation de ces produits non répertoriés qui entraînerait un nombre de décès et de vies détruites important, car ces produits, non testés et toujours fabriqués de façon artisanale, auraient des effets néfastes sur le cerveau, causant des paralysies permanentes, des délires psychotiques ou la perte de vision et d’autres sens. (Wikipédia.org / Nouveau produit de synthèse)
«Nous savons dans les urgences des hôpitaux que les victimes sont nombreuses car elles nous arrivent souvent avec les mêmes symptômes et malheureusement les doses sont si fortes que lorsque nous pouvons intervenir, il est presque toujours trop tard, les dommages sont là et permanents. Le pire c’est que les médicaments d’urgence qu’on utilise en général pour neutraliser les effets de nombreuses drogues, comme le Narcan, sont souvent sans effets. Même les ambulanciers qui les utilisent dans les premières minutes de l’intoxication n’obtiennent aucun résultat», déclare un médecin du CHU Notre-Dame de Montréal qui souhaite garder l’anonymat.
Pire, selon nos sources, la communauté gaie montréalaise serait encore plus atteinte par ce fléau que le reste de la société et les victimes y seraient nombreuses. Il devient donc urgent d’agir et de faire passer le message que les drogues de synthèse ne sont pas comme le «pot» ou la «marie» et que chaque utilisation engage un risque vital!