On parle même des gays à Durban

 

Par Le National
© Roger-Luc Chayer / Le National

Des avancées à Durban mais ce n’est qu’un début, disent les ONG

DURBAN, Afrique du Sud (Reuters) – Au lendemain de la clôture d’une tumultueuse Conférence des Nations unies contre le racisme, les responsables et les organisations des défense des droits de l’Homme ont salué les avancées enregistrées. Encore faudra-t-il qu’elles soient appliquées par les pays représentés à Durban, en Afrique du Sud.

« Durban doit être un commencement, pas une fin. Il doit y avoir un suivi », a déclaré le haut commissaire de l’Onu pour les droits de l’Homme, Mary Robinson, demandant aux délégués de mettre en oeuvre des mesures concrètes traduisant les recommandations de la déclaration finale.

Cette « Déclaration de Durban », assortie d’un plan d’action contre le racisme, a été adoptée à l’arraché samedi, au terme de neuf journées de débats chaotiques dominés par deux controverses de taille, sur le Proche-Orient et sur l’esclavage.

Les mouvements de défense des droits de l’Homme ont souligné que derrière une attention médiatique toute concentrée sur ces deux questions se cachaient des avancées significatives, notamment en matière de droits des minorités.

« Des succès importants »

La déclaration – adoptée par les quelque 160 pays présents à Durban, mais qui n’est pas contraignante – met également l’accent sur la protection des travailleurs immigrés et leurs familles, des réfugiés ou encore sur la lutte contre le trafic d’êtres humains et les crimes sexuels.

Les « peuples d’Afrique » sont également cités pour leur « lutte continue contre le racisme ».

La conférence exhorte les pays à poursuivre les personnes coupables de crimes contre l’humanité, et demande à l’Onu de mettre sur pied une commission de cinq personnalités chargées de travailler avec Mary Robinson pour faire en sorte que les recommandations de Durban se concrétisent.

« En dépit de problèmes et controverses graves qui ont gâché le rendez-vous, la Conférence mondiale contre le racisme a atteint des succès importants », a estimé Amnesty international.

« Pour la première fois, la situation désespérée de certains groupes comme les intouchables, les Roms, les Tibétains, les peuples indigènes, ceux qui subissent plusieurs formes de discriminations, comme les réfugiés, les femmes ou les gays et lesbiennes, et ceux qui vivent sous occupation, ont été inscrits de force dans l’ordre du jour mondial », s’est réjoui Claudio Cordone, coordonnateur de la délégation d’Amnesty à Durban.

L’accord crée en outre un Forum permanent pour les questions indigènes et nomme un Rapporteur spécial pour les droits de l’Homme et les libertés fondamentales des peuples indigènes.

Reste la déception provoquée par le départ des délégations israélienne et américaine, après que les pays arabes et des ONG eurent qualifié l’Etat hébreu d' »Etat raciste ».

Pour la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma, Washington aussi aurait eu des choses à apprendre des déclarations de Durban.

Celle qui a présidé les débats prévient toutefois que le vrai travail ne fait que commencer.