ROGER-LUC CHAYER L’éditeur de Gay Globe répond à mes questions

Carle Jasmin

Le courrier des lecteurs est toujours très volumineux, qu’il arrive par voie terrestre, téléphonique ou électronique et plutôt que de répondre à chaque demande, Roger-Luc Chayer m’a demandé de reprendre du service, le temps de lui poser quelques questions qui intéressent particulièrement les lecteurs.

Monsieur Chayer, les gens vous demandent souvent d’exprimer vos opinions politiques et sociales en général, ce que vous ne faites jamais ou que très rarement selon mes observations, où vous positionnez-vous dans la société actuelle?

Je ne livre jamais mes opinions personnelles au niveau politique même si je critique parfois, de façon très sévère, ceux qui nous dirigent et les élus. Il est important pour moi, éthiquement, de pouvoir critiquer ou attaquer directement un élu sans que mes opinions politiques puissent influencer mes écrits. C’est la raison pour laquelle je suis toujours équitable avec les politiciens, même si je vais voter à chaque élection et, oui, même si j’ai une opinion politique claire dans ma tête.

Socialement vous êtes plus ouvert et depuis des années vous ne cachez pas vos préoccupations sur le communautaire gai.

Je ne me suis jamais caché derrière quelque langue de bois pour parler de la vie sociale, communautaire et militante gaie parce j’ai au moins la pertinence, sinon l’obligation de le faire, comme éditeur de média gai. Je reproche beaucoup à notre compétiteur, qui publie un Guide, de ne pas agir dans le sens strict de l’éthique journalistique mais bien plus comme porte-parole ou porte-voix des militants gais. On frôle beaucoup les limites de l’éthique en permettant, sous forme de textes militants déguisés en articles, de servir les intérêts de certains groupes aux dépens d’un rigoureux travail de vérification tant des faits que des subventions utilisées par certains de ces groupes.

Je suis personnellement allergique aux fraudes commises aux noms des gais car c’est collectivement que ça nous nuit, comme par exemple ,l’ancienne Brigade du Village qui prétendait amasser des fonds pour de l’équipement servant aux bénévoles alors qu’en fait, les sommes récoltées finançaient la consommation de stupéfiants du principal responsable. Pour qu’une presse gaie sérieuse puisse faire un travail professionnel, il faut mettre de côté ses «accointances» et toujours garder l’oeil ouvert, même auprès des groupes alliés, parce qu’ultimement c’est le lecteur qui est floué ou renseigné correctement et le lecteur gai a droit à la vérité pure.

L’espace me manque pour vous poser d’autres questions mais je profite de l’occasion pour annoncer aux lecteurs que je reviendrai régulièrement dans ces pages parler d’éthique par l’éducation et l’information.