Séronet
Une étude confirme l’intérêt de démarrer le plus tôt possible une multithérapie après une contamination par le VIH. Plus ce délai est court, plus le réservoir viral est faible à court, à moyen et à long terme, ce qui engage un «meilleur pronostic pour le patient».
Les médecins le disent et le répètent, plus un traitement antirétroviral contre l’infection par le VIH est précoce, plus il est bénéfique, rappelle l’Inserm, qui considère en apporter une «nouvelle preuve» avec les résultats d’une étude menée chez 327 personnes. Les auteurs viennent de confirmer que plus la mise en œuvre du traitement est rapide après l’infection, y compris dans la fenêtre de trois mois suivant la primo-infection, plus le réservoir viral mesuré dans les CD4 est faible, à court, à moyen et à long terme. «La multithérapie antirétrovirale empêche efficacement la réplication du virus, mais elle ne permet pas de le déloger des cellules hôtes du système immunitaire. En effet, le VIH persiste dans l’organisme, intégré dans l’ADN de certaines cellules. Il peut se maintenir ainsi sous forme latente pendant des années, notamment dans les lymphocytes T CD4, puis se remettre à proliférer lors d’une interruption de traitement», rappelle le docteur Laurence Meyer, co-auteure de ces travaux. Et la chercheuse de préciser: «La taille de ce réservoir viral est corrélée au risque de complications et au pronostic de la maladie: il est donc important de la réduire au minimum.» Pour évaluer l’impact de la précocité d’une multithérapie sur la taille de ces réservoirs, les chercheurs ont calculé le délai de mise en œuvre du traitement. Pour ce faire, ils ont estimé la date de l’infection par rapport au moment d’apparition des premiers symptômes (en général des signes cliniques qui ressemblent à ceux d’une grippe, ou par rapport aux résultats des tests de confirmation de l’infection chez les personnes qui n’ont pas de symptômes. Ils ont ainsi identifié les personnes mises sous trithérapie 15 jours après l’infection, un mois après, un mois et demi après, deux mois après et enfin trois mois après.
En confrontant ces données au délai de mise en œuvre du traitement, les chercheurs ont obtenu un «résultat sans équivoque». «Le réservoir viral décroît d’autant plus vite au cours des premiers mois de traitement que celui-ci a été démarré tôt après la contamination. De plus, il reste ensuite d’autant plus bas — tant que le traitement est poursuivi».
Plus le réservoir est faible, et plus nous pouvons nous attendre à des risques de complications plus faibles. Les résultats de cette étude fournissent des «arguments supplémentaires pour un diagnostic de l’infection le plus précoce possible après la contamination et une prise en charge thérapeutique très rapide».