Roger-Luc Chayer
Suite à l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, une vague de panique s’est emparée des minorités et principalement des représentants des LGBT qui affirment que des milliers de gais, de lesbiennes ou de trans se sont fait attaquer depuis l’élection. On prétend même que des individus membres de groupements pro-Trump traqueraient les personnes trans pour les vandaliser ou les agresser physiquement.
Tout le monde a aussi vu passer sur les réseaux sociaux des appels à la panique de plusieurs groupes communautaires gais américains citant de prétendues paroles du Vice-président élu Mike Pence qui aurait dans ses plans l’abolition de nombreuses lois pro-gaies ou qui tiendrait des propos affreusement homophobes.
C’est bien beau tout ça mais encore faut-il que ces paroles soient vraies. Gay Globe a recensé une vingtaine de citations que l’on prétend venir de Pence et sauf pour les pages Facebook ou Twitter des LGBT qui les dénoncent, on ne trouve aucune trace de ces paroles ou intentions sur les sites de médias officiels ou à quelque endroit que ce soit sur le Web. Pire, dans les 3 cas récents «d’attaques» contre des personnes LGBT, il n’a pas été possible de trouver la moindre preuve ou la moindre véracité jusqu’ici. Dans un cas au Kansas, alors que la victime se plaignait aux médias d’avoir été vandalisée, les policiers attendaient toujours sa plainte. Cette personne ayant des antécédents de fausses accusations, les policiers l’attendaient donc avec impatience. Dans un second cas à Atlanta, une «victime» qui se serait fait vandaliser les fenêtres de sa maison par un groupe pro-Trump s’est retrouvée arrêtée pour fausse accusation! La caméra de surveillance du McDo en face de chez elle montrait bien un individu casser les fenêtres de la maison, mais l’individu était la fausse victime!
Cette psychose collective qui semble s’être emparée des communautés LGBT américaines n’est pas sans effets sur la réputation de ces communautés. Tout le monde connaît le fameux proverbe «À force de crier au loup, plus personne n’écoute»! Si certaines personnes souhaitent démoniser le Président élu Trump en s’auto-mutilant pour faire passer leur message, c’est évidemment un choix personnel, mais de le faire en utilisant l’étiquette gaie pour susciter encore plus l’opprobre de la société envers Trump, ça devient moins acceptable. N’oublions pas qu’au Québec, porter de fausses accusations ou porter plainte à la police pour des gestes inventés ou fabriqués est un méfait public, un crime donc qui pourrait valoir à ses auteurs des amendes salées et même des peines de prison.