
Par: Roger-Luc Chayer (Photo: Pixabay)
Jamais dans l’histoire du Groupe Gay Globe Média n’a-t-on autant parlé d’homophobie. Évidemment, avec l’avènement de Donald Trump, le matériel ne manque pas dans ce domaine. À la lumière des récentes informations concernant les purges visant les personnes LGBTQ+ au sein de l’ensemble de la machine gouvernementale américaine, et plus largement dans la société, il est devenu évident que notre sécurité, en tant que minorités sexuelles, est menacée dès que nous franchissons la frontière américaine. L’un des constats les plus troublants dans cette chasse aux homosexuels lancée par le gouvernement américain est la fouille tout à fait légale de nos ordinateurs, portables, téléphones cellulaires et autres appareils électroniques, afin d’y scruter nos activités en général — et certainement nos opinions à l’égard du souverain républicain.
Est-ce qu’il existe des moyens de rendre le contenu de nos appareils invisible aux yeux de douaniers un peu trop inquisiteurs ?
Il est possible de rendre le contenu de nos appareils difficilement accessible aux douaniers américains, mais aucune méthode n’est totalement sûre. À la frontière, les agents peuvent fouiller nos téléphones et exiger nos mots de passe, sous peine de confiscation ou de refus d’entrée. Pour limiter les risques, mieux vaut utiliser un appareil de voyage contenant peu de données sensibles, accéder à ses fichiers en ligne après coup, et sécuriser le tout avec un mot de passe fort et un VPN. Des outils comme VeraCrypt ou l’effacement à distance existent, mais la prudence demeure essentielle face aux pouvoirs des douanes.
Avec ou sans appareil, comment réduire votre présence en ligne si les douaniers décident d’interroger Google pour en apprendre davantage sur vous ou sur vos opinions ?
Même sans appareil sur vous, votre identité numérique reste accessible à ceux qui cherchent à en savoir plus, comme des douaniers curieux. Votre nom, vos publications passées, vos interactions en ligne, tout cela peut ressortir lors d’une simple recherche sur Google. Réduire cette visibilité demande de la prévoyance : il faut réfléchir à ce que l’on publie, mais aussi à ce qui peut rester même après suppression. Des traces anciennes sur des forums, des commentaires oubliés, ou des photos étiquetées par d’autres peuvent resurgir. Il est possible de demander à certains moteurs de recherche le retrait de liens, ou de modifier ses paramètres de confidentialité sur les réseaux sociaux. L’usage d’identités alternatives ou le recours à des pseudos pour des contenus sensibles peut aussi contribuer à brouiller les pistes.
Trouver une solution à court terme si vous devez absolument voyager aux États-Unis n’est pas une mince affaire. Les douaniers américains (particulièrement ceux de la CBP – Customs and Border Protection) sont formés pour repérer les profils « à risque » selon différents critères, dont la profession. Certaines professions attirent plus facilement l’attention, soit en raison de leur potentiel d’implication politique, soit à cause de leur accès à de l’information sensible, ou encore en raison d’un risque perçu (justifié ou non). Les journalistes, en particulier ceux qui couvrent des sujets politiques, des conflits ou des enquêtes sur les États-Unis, sont souvent interrogés plus longuement, les professionnels du monde académique. Enfin, les artistes, performeurs, écrivains, ou influenceurs sont aussi scrutés. Le plus simple est finalement de ne pas y aller…
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