VICTIMISATION PAR INTIMIDATION

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Statistiques Canada

En 2019, 7 jeunes de 15 à 17 ans sur 10 ont déclaré avoir subi de l’intimidation à un moment donné au cours de l’année précédente. Le risque de subir des moqueries ou des insultes ou d’être exclu était plus élevé chez les jeunes de la diversité sexuelle et de genre, qui comprend les personnes transgenres ou non binaires ou ayant une attirance pour des personnes du même genre, que chez les jeunes cisgenres attirés exclusivement par des personnes d’un genre différent.

Selon les données de l’Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes de 2019, 77 % des jeunes de la diversité sexuelle et de genre avaient été victimes d’intimidation au cours de l’année précédente. Il s’agit d’une proportion plus élevée que celle observée chez les jeunes cisgenres attirés exclusivement par des personnes d’un genre différent (69 %). Ces conclusions sont tirées d’une nouvelle étude intitulée «Victimisation par intimidation chez les jeunes de la diversité sexuelle ou de genre au Canada», qui met en évidence l’ampleur et la gravité des expériences autodéclarées d’intimidation chez les jeunes attirés par des personnes du même genre, ainsi que chez les jeunes transgenres et non binaires. L’association entre l’intimidation, la santé mentale et le bien-être, y compris les idées suicidaires, a également fait l’objet d’une étude. Pour la première fois, il est possible d’analyser l’intimidation chez les jeunes de la diversité sexuelle et de genre à l’aide de données nouvellement accessibles recueillies auprès d’un échantillon représentatif à l’échelle nationale. Ces adolescentes et adolescents représentaient 18 % des jeunes de 15 à 17 ans en 2019.

L’intimidation a été mesurée en demandant aux répondants s’ils avaient été victimes, au cours des 12 derniers mois, de l’une de 10 formes différentes d’intimidation, allant des moqueries à la destruction de biens, en passant par la cyberintimidation, comme le fait d’avoir de l’information blessante à propos de soi publiée sur Internet.

Non seulement les jeunes de la diversité sexuelle et de genre sont plus susceptibles d’être victimes d’intimidation que les jeunes cisgenres attirés exclusivement par des personnes d’un genre différent, mais ils ont souvent une moins bonne santé mentale. Après la prise en compte de facteurs sociodémographiques et socioéconomiques (voir la note aux lecteurs), les jeunes de la diversité sexuelle et de genre étaient deux fois plus susceptibles de qualifier leur santé mentale de mauvaise (33 %), comparativement aux autres jeunes victimes d’intimidation (16 %) et aux jeunes de la diversité sexuelle et de genre n’ayant pas été intimidés (16 %). La probabilité de déclarer une mauvaise santé mentale était la plus faible chez les jeunes cisgenres non intimidés attirés exclusivement par des personnes d’un genre différent (6 %).

En outre, les jeunes victimes d’intimidation présentaient un risque plus élevé de déclarer avoir eu récemment des idées suicidaires, même si, là encore, ce phénomène était plus fréquent chez les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. En 2019, les jeunes victimes d’intimidation qui étaient attirés par des personnes du même genre ou qui étaient transgenres ou non binaires (27 %) étaient deux fois plus susceptibles d’avoir envisagé de s’enlever la vie au cours de l’année précédente que les autres jeunes victimes d’intimidation (13 %).