Jol press
Ils veulent « guérir le pays » par la force. Tel est l’argument de ces groupes néo-nazis, qui déboulent dans les rues de Russie pour agresser moralement et physiquement les personnes homosexuelles. Ce genre d’images pullule sur le Web et nos collègues canadiens de « La Presse » s’en sont alertés en réalisant un reportage sur le sujet.
Au pays de Vladimir Poutine, l’homophobie n’est pas un problème. Pire, c’est une normalité. Considérée comme un crime jusqu’en 1993 et comme une maladie mentale jusqu’en 1999, l’homosexualité est un sujet qui fâche en Russie. Aujourd’hui, la tension envers les gays est plus palpable que jamais. Dans un récent sondage de l’institut Vtsiom, 54 % des Russes déclaraient ainsi qu’il fallait punir l’homosexualité, tandis que 88 % soutiennent l’interdiction de la « propagande » homosexuelle.
Des tendances qui soutiennent les lois appliquées par le gouvernement cet été, et qui font vivre un véritable cauchemar à des milliers d’individus qui sont favorables – ou pratiquent – les relations avec des personnes du même sexe. Il n’est ainsi pas rare de voir débouler dans les rues de la République fédérale des bandes, aux affiliations idéologiques clairement à l’extrême droite, qui s’en prennent physiquement – et en pleine journée, aux yeux de tous – aux homosexuels.
Des agressions en public, en pleine journée
Des violences, ou encore des bizutages comme faire boire aux individus agressés de l’urine. Tant d’actions choquantes qui constituent le quotidien de citoyens de plus en plus marginalisés par la société russe. Les milices sévissent en toute impunité et la situation pour les gays se détériore à grande vitesse. Au hasard d’une rue, ou en planifiant les attaques en prenant des rendez-vous via le Web après avoir par exemple posté de fausses petites annonces, les groupes extrémistes torturent des personnes en raison de leur orientation sexuelle.
Tout cela sous l’œil des caméras, afin d’immortaliser des scènes vouées à intimider ceux qu’ils recherchent. Ces vidéos sont comme des trophées pour les agresseurs, fiers de leurs actes qui ne semblent pas choquer plus à l’Est…