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Les grandes villes, et notamment Paris, ont la réputation d’être tolérantes, voire accueillantes, à l’égard des homosexuels : on y trouve des espaces de sociabilité gays – bars, magasins ou discothèques –, qui permettent de se retrouver « entre soi ». Les campagnes et les zones périurbaines sont souvent, en revanche, considérées comme des « déserts gays », où il n’est pas facile de vivre ouvertement son homosexualité. Pour vérifier la pertinence de cette idée, Colin Giraud, lauréat de la Fondation pour les sciences sociales (FSS) et sociologue à l’université Paris-Ouest-Nanterre, a enquêté auprès d’homosexuels qui vivent dans la plaine de Valence, au cœur de la Drôme. Ses conclusions sont beaucoup plus nuancées. « L’espace drômois ne constitue pas forcément un environnement hostile, stigmatisant et difficile à vivre », résume-t-il.
Dans ce département du sud de la France, les lieux de sociabilité gays sont rares. « Le terrain drômois ne dispose d’aucun “bar gay” en tant que tel et ne regroupe que quelques lieux commerciaux visibles : deux saunas à Valence et une discothèque organisant des soirées gays le samedi, à 1…