LA FLUIDITÉ DES GENRES

Roger-Luc Chayer

Je commence la rédaction de cet article en vous disant franchement que j’entre dans un sujet très confus qui comporte une multitude de variantes que je tenterai de vous expliquer et que je fais ma formation sur le sujet au fur et à mesure de cette rédaction. Depuis quelque temps, nous entendons de plus en plus parler de la fluidité des genres, des personnes cis, asexuées et tout cela s’ajoute déjà à la confusion engendrée par la transitude. Certains parleront d’une mode de jeunes qui cherchent leur identité, alors que d’autres nous diront qu’il s’agit de l’expression d’une multitude de facettes de l’identité sexuelle et que c’est seulement grâce aux médias sociaux qu’on peut en parler plus ouvertement. Qui a raison? Là n’est pas la question!

Selon Wikipédia, «l’expression non-binaire ou genderqueer désigne, dans le concept de sciences sociales du genre, les personnes dont l’identité de genre n’est ni homme ni femme. Le non-binaire s’oppose à la binarité de genre et à la hiérarchie des genres qui peut l’accompagner (comme le patriarcat ou le matriarcat). Il remet aussi en cause l’assignation sexuelle à un genre donné. L’identité de genre non-binaire concerne la façon dont la personne se ressent, alors que l’androgynie fait référence à l’apparence (comment les autres personnes la voient) et l’intersexuation concerne les caractéristiques sexuelles (anatomiques, chromosomiques, etc.): ce sont donc trois choses entièrement différentes. De plus, l’identité de genre est indépendante de l’orientation sexuelle: toutes les personnes, y compris celles qui se considèrent non binaires, peuvent être hétérosexuelles, homosexuelles, bisexuelles, asexuelles ou pansexuelles.» Bon, je commence à comprendre… En fait, la fluidité des genres est bien plus un concept social qu’une

réalité médicale et à l’extrême, il pourrait même s’agir d’un mouvement politique! Il s’ensuit donc que les personnes qui se définissent comme non-binaires revendiquent l’usage de nouveaux pronoms qui excluent la masculinité ou la féminité tout simplement. Par exemple, en français, il n’existe pas de genre neutre mais certaines personnes utilisent des pronoms personnels neutres «on», «iels», «illes», «iel», «ul» ou «ele». L’utilisation de ces néologismes et de toute autre forme de langage épicène est rejetée par l’Académie française, pour le moment.

Selon des personnes non-binaires, il s’agit de se définir comme des individus dont l’identité ou l’expression du genre ne sont pas fixes et changent dans le temps selon les situations. Dans les faits, on ne peut pas vraiment parler d’une communauté non-binaire comme d’une communauté homosexuelle ou hétérosexuelle parce que les définitions changent selon les personnes qui sont consultées. Il n’y a pas de consensus sur la définition à donner à ces variantes émotives et affectives autrement que d’exclure systématiquement tout trouble de santé ou problème médical.

Ce qui nous ramène encore et toujours à la fameuse question: Un trans, ça devient trans pendant la transition et ça cesse à partir du moment où la transition est complète? Encore là, personne ne peut vraiment répondre à cette question puisque pour certaines personnes, la transition est complète même si les opérations de changement de sexe ne sont pas effectuées. Est-ce qu’une personne cesse de devenir trans à la fin de son parcours? Toutes les réponses sont bonnes… Maintenant que vous êtes encore plus confus qu’au début, écrivez-nous si vous avez des réponses à edito@gayglobe.net

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