MTL: LA GUERRE DES GRAFFITEURS

Roger-Luc Chayer

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Il fut un temps où les graffiteurs taguaient tout ce qu’ils trouvaient en ville, autant les bâtiments, les voitures que le mobilier urbain, et un jour, un certain maire de Montréal en a eu assez et a décidé de s’attaquer à cette forme de vandalisme. Il y a d’abord eu un programme de nettoyage gratuit pour les maisons et commerces défigurés par ce qui n’était pas du tout de l’art, n’en déplaise aux adeptes de ces gestes criminels et ensuite, pour que les graffitis ne réapparaissent pas, on a donné des conseils et des moyens aux Montréalais pour s’en protéger. 

Par exemple, dans mon cas, j’avais un mur côté ruelle qui était totalement recouvert de graffitis et après le passage de la ville pour le nettoyer et le remettre à sa couleur originale, on m’a conseillé de peindre ce côté du mur d’une couleur foncée parce que, selon le préposé, ça allait décourager les vandales, car leurs « oeuvres » ne se verraient plus aussi bien sur le foncé. J’ai donc écouté le conseil de la personne et j’ai peint mon mur d’un brun foncé, qui donnait finalement quand même fière allure au bâtiment puisque mon choix de couleur allait bien avec la couleur ambrée de la brique du dessus. Le truc aussi est de prendre de la peinture au latex qui sèche vite et qui peut être repeint facilement si nécessaire, alors que la peinture à l’huile est longue à sécher et n’est pas recommandée pour le béton. Depuis près de 10 ans, il n’y a plus eu aucun graffiti sur mon mur!

Plus tard, la Ville a commencé à subventionner les graffiteurs pour qu’ils produisent de magnifiques murales à la hauteur de leur talent et Montréal a été recouverte de véritables oeuvres d’art. Les plus grandes étant dans le Mile-End le long du Boulevard St-Laurent et beaucoup de murales consacrées à des artistes québécois comme Diane Dufresne ou Robert Charlebois se sont retrouvées dans le Village.

Dernièrement, on a vandalisé une magnifique murale sur le côté du bureau de poste de la rue Masson (voir la photo du haut) en la dégradant avec de la peinture un peu partout. Le chef postier, en collaboration avec le propriétaire du bâtiment, a contacté l’artiste et celle-ci a accepté de venir réparer son oeuvre moyennant un petit budget. Quelques jours plus tard, rebelote, on avait encore vandalisé l’oeuvre, mais l’artiste l’avait traitée pour qu’elle se nettoie facilement et c’est ce qui est arrivé. Or, c’est en parlant au postier que j’ai été informé qu’il y avait à Montréal une guerre de graffiteurs et plusieurs oeuvres de cette artiste avaient été vandalisées sur le territoire montréalais. Cela est inacceptable! Pour s’être battus pendant des années pour avoir le statut d’artistes, voilà que des malins attaquent les oeuvres des autres et démolissent ce qui a été accompli. Non seulement la ville était plus belle avec ces oeuvres inusitées, il régnait une paix artistique qui permettait à toutes et tous de s’exprimer avec le moins de restrictions possibles.

Gardons l’oeil ouvert et si vous voyez des vandales à l’oeuvre, contactez immédiatement le 9-1-1 afin qu’on puisse les ramasser et faire cesser ces actes. Pour ceux qui aimeraient découvrir les murales de Montréal ou savoir comment les visiter, il y a un formidable site web qui permet de le faire virtuellement et c’est au https://www.mtl.org/fr/experience/murales-montreal

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