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Hadrien, né le 24 janvier 76 à Italica et mort le 10 juillet 138 à Baïes, est un empereur romain de la dynastie des Antonins. Il succède en 117 à Trajan et règne jusqu’à sa mort. Empereur humaniste, lettré, poète et philosophe à la réputation pacifique, il rompt avec la politique expansionniste de son prédécesseur, s’attachant à pacifier et à structurer administrativement l’Empire, tout en consolidant des frontières parfois poreuses.
Hadrien souhaite réorganiser l’Empire. Pour cela, il sillonne pendant plus de dix ans les provinces de l’Empire. Il se comporte en despote éclairé et gouverne de manière autoritaire. Il accélère le processus d’intégration des provinces à l’Empire. Il intègre le statut de municipe romain aux cités. Les habitants des cités accèdent ainsi à la citoyenneté romaine. Les élites provinciales accèdent au Sénat et à l’ordre équestre.
Hadrien réforme l’administration et le droit romain. Lors de ses voyages, il rend la justice sur place, réforme la fiscalité, épure l’administration et confie aux chevaliers les « bureaux », naguère tenus par les affranchis qui sont maintenant cantonnés dans les postes subalternes. Vers 131, il réorganise aussi le conseil privé qui assistait l’empereur, le consilium principis, en le composant surtout de jurisconsultes. Il renforce ainsi l’administration centrale, dont les postes sont confiés à des chevaliers selon une hiérarchie très stricte. Le Sénat est écarté des affaires. Hadrien revient à la politique monarchiste et centralisatrice de Claude et de Domitien.
En 131, l’Édit perpétuel de Salvius Julianus codifie et met à jour le droit romain pour les fonctionnaires et les juges.
Selon l’Histoire Auguste, Hadrien manifeste un fort penchant pour les femmes et les jeunes hommes. Il entretient d’ailleurs une relation pédérastique; son amour pour Antinoüs (ou Antinoos), un jeune homme originaire de Bithynie, est célèbre. Mais en 130, Antinoüs se noie dans le Nil dans des conditions mystérieuses. Hadrien le fait représenter de nombreuses fois en statues, certaines nous sont parvenues et nous permettent de donner un visage au célèbre Bithynien. En 130 de notre ère, il fonde aussi, en son honneur, la cité d’Antinoë en Égypte. Cette relation a servi d’argument à ses ennemis.
L’historien Sextus Aurelius Victor (mort après 390) écrit dans son Livre des Césars, chapitre XIV, près de 250 ans après, alors que les relations entre hommes et éphèbes sont tombées en disgrâce: «On le (Hadrien) vit enfin rechercher, avec une scrupuleuse sollicitude, tous les raffinements du luxe et de la volupté. Dès lors mille bruits coururent à sa honte: on l’accusa d’avoir flétri l’honneur de jeunes garçons, d’avoir brûlé pour Antinoüs d’une passion contre nature : c’était là, disait-on, le seul motif pour lequel il avait donné le nom de cet adolescent à une ville qu’il avait fondée; c’était pour cette raison qu’il avait élevé des statues à ce favori.»
Les biographes ne mentionnent plus de voyages au-delà de 134, Hadrien séjourne dans son immense villa de Tibur. Sa santé se dégrade pendant les trois dernières années de sa vie. Il souffre d’hémorragies nasales et d’hydropisie, les épanchements de liquide enflent son corps, causés par l’artériosclérose. Les douleurs qu’il éprouve sont si intenses qu’il demande à plusieurs reprises à son entourage qu’on mette fin à ses jours, en vain. La souffrance le rend hypocondriaque et cruel.