DES RENDEZ-VOUS VIOLENTS L’app de rencontres gaies devient un outil de terreur pour certains utilisateurs

Roger-Luc Chayer

Depuis des années, certaines personnes de la communauté gaie se plaignent de violences sous différentes formes, mais de plus en plus, on pointe du doigt Grindr pour des violations de domicile assez intenses.

C’est du moins le témoignage de Normand C., lecteur de Gay Globe qui souhaite garder l’anonymat, mais qui souhaitait tout de même témoigner dans ces pages pour alerter les utilisateurs de Grindr sur une situation potentiellement très grave à Montréal.

C’est par un samedi midi tout à fait ordinaire que Normand, comme il le fait régulièrement, décidait de jaser avec quelques membres de Grindr, ce service lui permettant de faire de nouvelles connaissances et parfois de recevoir de la visite un peu spéciale. Car Grindr c’est essentiellement un outil de rencontres sexuelles destiné à localiser des partenaires selon certains critères mais surtout celui de la distance.

Chaque personne connectée peut en effet savoir à quelle distance est l’autre personne, à quelques mètres près…

Ce samedi-là, son attention s’est portée sur une photo d’un membre qui l’intéressait beaucoup. Un jeune homme de 19 ans, allure santé, belles dents, petit modèle et qui aimait, selon ses prétentions, les hommes plus matures. Il ne voulait pas d’argent ni de drogue, mais affirmait qu’il ne dirait pas non à un petit verre de vin, ce à quoi Normand a accepté et l’a invité chez lui. Selon Grindr, ce jeune était à 450 mètres de distance.

Rien dans ses écrits ne laissait présager une telle violence gratuite de sa part!

Juste le temps de se doucher, Normand était très excité d’avoir un prospect pour un possible «afternoon delight» et, lorsque la sonnette s’est fait entendre, il a ouvert la porte non pas pour y voir un jeune minet, mais pour voir un homme d’une carrure massive pousser la porte et sans rien dire, lui donner un violent coup de poing sur la tempe, assez pour lui faire voir des étoiles. Le mec est ensuite entré et la refrappé au visage exigeant qu’il lui donne tout le cash dans la maison, rien que le cash. Normand n’avait que 18$. Tout ça pour 18$!!! Une fois l’homme parti, moins de trois minutes plus tard, Normand s’est terré chez lui, se barricadant deux jours sans oser sortir ni appeler des secours, parce qu’il avait honte d’avoir été ainsi attaqué. Malgré des blessures toujours évidentes une semaine plus tard, sauf pour une infirmière de son CLSC à qui il a décidé de se confier, Normand a été incapable de contacter les policiers et son agresseur court toujours. Il est probable d’ailleurs que cette agression n’était pas la première pour le molosse. Le compte de l’agresseur ayant été fermé par la suite.

Il existe des moyens de se protéger de telles agression avec quelques mesures comme demander de la personne qu’on invite un numéro de cellulaire qu’on validera en l’appelant ou une adresse courriel qu’on validera avec un message. Exiger plusieurs photos, car il est plus difficile pour les faux profils de trouver plus d’une photo d’une même personne. Enfin, si les victimes cherchent du support, voici quelques endroits qui peuvent aider: le SPVM permet de déposer en ligne, sans bouger de chez soi, une plainte criminelle, alors que Gai Écoute permet de se plaindre de façon anonyme. La CAVAC et les CLSC peuvent être d’une grande aide. Il n’y a pas de honte à rapporter un crime violent; les policiers peuvent même venir à votre domicile dans une voiture non identifiée.

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