Témoignage poignant de Roger-Luc Chayer sur l’évolution du VIH/SIDA dans la communauté gaie

« J’ai vécu au premier degré l’avant 1996, alors que les personnes de la communauté gaie tombaient comme des mouches, et l’après 1996, où les 18-24 ans sont aujourd’hui les premiers contaminés par le VIH-SIDA, car ils n’ont aucune image de la mort liée à cette maladie », déclare Roger-Luc Chayer, éditeur du Point et de Gay Globe TV.

Un message venu du passé
« Je livre aujourd’hui ce témoignage car sans les témoins de l’apparition du VIH/SIDA dans notre communauté, entre 1984 et 1996, nous ne pourrons jamais faire comprendre aux jeunes les dangers qui les guettent, car la mort est toujours présente. » De 1993 à 1998, Roger-Luc Chayer a collaboré à la revue RG et y a vécu de près la lutte et la perte de plusieurs proches : le correcteur de textes Guy, le graphiste, deux amis de l’éditeur Jacques et Alain, sans oublier son ami Pascal de Marseille, parmi tant d’autres disparus avant l’arrivée de la trithérapie.

Un constat amer mais nécessaire
« Inutile de vous dire que ça laisse un goût amer de repenser à tout cela, mais il faut malheureusement le faire et en parler le plus possible. Je suis aussi le témoin du comportement de la plupart des jeunes de moins de 30 ans qui n’ont rien vu de cette époque où près de 30 % des gais sont morts du SIDA, et qui ont des comportements sexuels potentiellement à risque », explique-t-il, témoignant de son impatience face aux habitudes qu’il observe chez les jeunes dans la communauté.

Un appel à la prise de conscience
« Si seulement nous pouvions revenir en images dans le passé et faire voir à ceux qui pensent qu’on peut guérir du SIDA aujourd’hui que cette maladie peut encore et toujours tuer, briser des vies et détruire toute qualité de vie pour certains survivants, nous pourrions peut-être atteindre une prise de conscience comparable à celle de la communauté gaie en 1996, juste avant l’arrivée de la trithérapie, lorsque l’usage du condom était la norme, ce qui a alors permis une forte baisse des transmissions au Québec. »

« Si je ne suis pas atteint personnellement, c’est que j’ai vu l’horreur causée par la maladie chez les autres, je leur dois un peu la vie. C’est le message que nous devons livrer aux jeunes ! » conclut l’éditeur du Point.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *