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S’il est aujourd’hui admis, et reconnu, que nos traits physiques sont issus de notre patrimoine génétique, la chose est bien plus délicate en ce qui concerne nos traits de caractère. Colère, propension à la violence, capacité d’aimer… Et si cela était aussi inscrit dans nos gênes ? Une étude tendrait à prouver que l’homosexualité le serait.
La question est extrêmement délicate, vous vous en doutez, peut-être même infondée, mais elle intéresse grandement les chercheurs. Si vous n’adhérez pas à la toute puissance du code génétique, ne lisez pas ce qui suit. Il convient tout d’abord d’expliciter un point. Plutôt que de parler de « gène gay » chez l’homme, il faudrait davantage envisager un (ou plusieurs) »gène de l’amour pour les hommes », tout comme il pourrait exister un (ou plusieurs) gène contraire, chez la femme. Et le monde animal nous prouve régulièrement que son existence serait légitime.
En 1993, le généticien Dean Hamer avait étudié une famille ayant plusieurs frères ouvertement homosexuels. L’étude de leur génome montra qu’ils partageaient tous une région bien particulière de leur chromosome X. Le scientifique suggéra alors que dans celle-ci pouvait se trouver un tel « gène de l’amour pour les hommes ». Bien évidemment, des études similaires donnèrent des résultats contraires et la communauté homosexuelle restait partagée : cela confirmait bel et bien les « je suis né comme cela » mais ouvrait aussi la porte à la « détection systématique » et à la discrimination.
Cette année, une nouvelle étude, menée sur un panel bien plus large, a montré des résultats confortant ceux de Dean Hamer et mettant en évidence un autre gène, dans le chromosome 8. Nouvel émoi tant chez les experts que chez le grand public. Pourtant, ces gènes, ou leurs variantes – les allèles – ont déjà été mis en évidence chez les animaux – il est par exemple possible de changer la préférence sexuelle des souris -…
La question ne serait donc pas de savoir si pareil gène existe mais pourquoi/comment ils sont si répandus (entre 5 et 15%). Les homosexuels ayant en moyenne moins d’enfants, ces variantes devraient tendre à disparaître… Il y a ici plusieurs théories. Pour résumer, nous dirions que selon l’environnement (familial, région du monde, etc), ces allèles peuvent voir leur transmission à la descendance favorisée. Ces phénomènes sont encore très peu connus des chercheurs et pourtant très importants dans la question de la « normalité de l’homosexualité » (d’un point de vue uniquement scientifique).
Car il est impossible de dire si ces études génétiques ont identifié les « allèles gay » d’un seul ou de plusieurs gènes. Que le chromosome X ait été identifié paraît logique, il joue un grand rôle dans la reproduction. Mais il y a fort à parier qu’il y en ait bien davantage (notamment le 8), et leurs très nombreux allèles. Tout le monde aurait alors en lui un savant mélange de tout cela. Ajoutez à cela la composante environnementale et vous obtenez un caractère comportemental extrêmement complexe à détecter sur des gènes uniques.
C’est un peu la même situation que pour la taille. Celle-ci est liée aux allèles de plusieurs milliers de gènes ainsi qu’à notre environnement, produisant une distribution continue d’individus de toutes les tailles. Et tout comme nous avons des personnes extrêmement petites et extrêmement grandes, nous aurions des hommes « très amoureux des hommes » et des femmes « très amoureuses des femmes »… Enfin, si vous croyez à la prédétermination génétique pour toute chose, bien évidemment…