
Roger-Luc Chayer (Photo : Rémi Tamimount)
Il y a dans l’histoire de l’humanité des traditions qui nous rappellent que nous sommes capables de très grandes choses lorsque nous nous mettons tous d’accord.
Un souffle commun malgré les divisions
Quand on regarde l’histoire de loin, on a parfois l’impression qu’elle n’est faite que de guerres, de frontières et de divisions. Pourtant, il existe aussi des moments, rares mais forts, où l’humanité semble avoir respiré d’un même souffle.
L’unité originelle autour de la survie
Au tout début, bien avant les nations et les drapeaux, l’humanité était unie par quelque chose de très simple : survivre. Nous venons tous des mêmes ancêtres, partis d’Afrique pour explorer le monde. Les premières peintures dans les grottes, un peu partout sur la planète, racontent la même chose : le besoin de laisser une trace, de raconter une histoire, de dire « j’étais là ». Sans se connaître, des humains très éloignés faisaient pourtant le même geste.
Prise de conscience des droits humains universels
Il y a aussi eu des moments où l’humanité s’est rapprochée en prenant conscience de ses propres injustices. Quand on a commencé à parler de droits humains universels, ou à remettre en question l’esclavage, l’idée était simple mais immense : tous les êtres humains ont la même valeur. Ce n’était pas encore appliqué partout, ni parfaitement, mais le principe était posé.
La flamme olympique : un symbole d’unité
Dans l’histoire moderne, la flamme olympique, qu’elle soit d’été ou d’hiver, est aussi un symbole qui rassemble les peuples de toutes les nations. Je parie que peu de gens savent que, pour chaque Jeux olympiques, au moment précis où la flamme s’allume dans la ville hôte, toutes les autres villes olympiques de l’histoire moderne allument elles aussi leur flamme. Celle-ci reste allumée partout dans le monde, à l’unisson, pendant toute la durée des Jeux, et elles s’éteignent toutes au moment où la ville hôte éteint la sienne.
C’est ainsi que, lorsque Milan-Cortina a allumé la sienne, Athènes, Paris, Londres, Berlin, Tokyo, Rome, Mexico, Munich, Montréal, Los Angeles et des dizaines d’autres ont allumé la leur.
Une mémoire collective qui traverse les générations
Lorsque plusieurs villes olympiques allument leur flamme en même temps, le geste signifie que l’histoire des Jeux ne s’efface pas à chaque nouvelle édition. Les villes passées ne sont pas oubliées : elles forment une chaîne, une mémoire collective, comme si chaque Jeux ajoutait un maillon plutôt que de repartir de zéro. La flamme rappelle que l’esprit olympique n’appartient pas à une seule ville ni à une seule génération, mais qu’il se transmet.
La trêve olympique : un concept historique
Il existait aussi le concept d’une trêve olympique concernant les conflits militaires dans le monde. Bien que cette trêve ait été pratiquée dans l’Antiquité, elle n’est plus respectée à l’ère moderne, même si, à chaque Jeux olympiques, une résolution est votée afin de renouveler une trêve théorique.
Les Jeux gais : inclusion et respect au cœur de l’événement
Les Jeux gais n’ont pas de règle formelle équivalente à la trêve olympique antique, ni de résolution de l’ONU appelant à la fin des conflits. Ils ne prétendent pas suspendre les guerres du monde. En revanche, ils reposent sur un socle de valeurs très claires qui vont dans le même sens : inclusion, respect, non-discrimination et paix entre les personnes.
Là où les Jeux olympiques mettent en avant la compétition entre nations, les Jeux gais mettent surtout l’accent sur les individus et les communautés. Il n’y a pas de drapeaux nationaux au cœur de l’événement, pas de médailles par pays, et aucune hiérarchie nationale. Le message est volontairement dépolitisé au sens géopolitique, mais profondément politique au sens humain : tout le monde a le droit de participer, peu importe son orientation sexuelle, son identité de genre, son origine, sa religion ou son niveau sportif.
Une trêve des exclusions plutôt qu’une trêve des guerres
Plutôt qu’une trêve des guerres, les Jeux gais proposent une trêve des exclusions. Pendant leur durée, ils créent un espace où les discriminations sont explicitement rejetées et où la rencontre se fait sans peur. C’est une autre manière de parler de paix : non pas entre États, mais entre personnes.
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