Une mutation du VIH en Saskatchewan alarme la communauté scientifique
(Selon: Radio-Canada)
La progression anormalement rapide du VIH en Saskatchewan est due à une mutation du virus lui permettant de résister à la réponse immunitaire déclenchée par les personnes infectées, affirme une étude menée par des universitaires de la Colombie-Britannique. Une mutation clé a été trouvée dans plus de 80 % des souches du VIH en Saskatchewan, alors qu’elle n’est présente que dans 25 % des souches en Amérique du Nord. Elle permet au virus de résister aux défenses naturelles mises en place par le corps humain en cas d’infection, et la personne infectée présente alors plus rapidement le syndrome d’immunodéficience acquise, ou sida. Les auteurs de l’étude affirment que les traitements antiviraux actuels fonctionnent aussi bien sur les sources de VIH immunorésistantes que sur les souches ne portant pas cette mutation.
Ces chercheurs ont créé un riz génétiquement modifié qui neutralise le sida
(Creative Commons)
Tout n’a pas été fait dans le champ de la lutte contre le sida. Mardi 31 juillet 2018, le monde de la recherche a assisté à l’éclosion d’une étonnante méthode à base de riz modifié génétiquement. Si, faute de vaccin, des médicaments qui réduisent le risque d’infection existent, ils sont loin d’être disponibles partout. Une équipe de chercheurs espagnols, américains et britanniques a donc changé
l’ADN d’un riz afin de le doter de protéines qui peuvent neutraliser le VIH, rapporte Phys.org. Ainsi, la plante pourra être cultivée à des endroits où les médicaments sont rares de manière à en obtenir une crème. Sa production aurait un coût modique, font valoir les scientifiques. Désormais, d’autres recherches doivent confirmer l’efficacité de la méthode et assurer qu’elle n’entraîne aucun effet secondaire. Leur réussite ne suffira d’ailleurs pas à surmonter tous les écueils: les auteurs de l’étude qui fait état de ces résultats prometteurs, dans la revue Proceedings, admettent que la mauvaise réputation des OGM peut en effrayer certains. Sans parler des barrières réglementaires à franchir ici et là.
Sida: les autotests, efficaces mais délaissés
(Libération)
L’outil de dépistage, sans ordonnance et peu cher, a prouvé sa fiabilité, mais n’est que peu acheté. Un échec relatif qui peut aussi apparaître comme symptomatique des difficultés actuelles de la prévention contre le sida. Comment expliquer la faible progression du recours aux autotests, pourtant pratiques et utiles? «Et voilà donc que pourtant cela coince, analyse Gilles Pialoux. Les raisons? D’abord à cause du prix ; ils étaient trop chers.» Maintenant, on en trouve à 10 euros, ce qui devient jouable. «Mais surtout, rappelle l’infectiologue, il reste l’interdiction du libre accès en pharmacie, contrairement aux tests de grossesse. La personne doit le demander au pharmacien, et non le prendre directement sur un présentoir. Ce n’est pas facile, cela peut même être dissuasif. Enfin, les pharmaciens ne sont pas très proactifs.» En somme, ils s’en moquent un peu.