LES 400 MOTS DE RÉJEAN THOMAS

Par: Réjean Thomas, Président-directeur général et cofondateur, Clinique médicale l’Actuel

Image: Générée électroniquement ©Gay Globe

Avec ce début de 2025, nous revient l’une des chroniques les plus populaires du magazine, sinon la plus populaire. D’emblée, j’ai transmis une première question au Docteur Réjean Thomas: avec l’arrivée de nouveaux médica-ments contre le VIH, ces traitements plus légers facilitent-ils la vie des médecins et des patients ?

La situation est un peu étrange, car deux phénomènes se produisent simultanément. D’un côté, nous disposons de nouveaux médicaments, et la plupart de nos patients suivent une trithérapie bien tolérée, réduite à une seule pilule par jour. De l’autre, la population vieillit. Actuellement, 40 % de nos patients ont plus de 60 ans, et les cas deviennent de plus en plus complexes. Beaucoup présentent de multiples problèmes de santé.

Même si certains patients séropositifs sont indétectables, plusieurs ont passé des années sans traitement. Or, le VIH étant une maladie inflammatoire, il entraîne des complications, auxquelles s’ajoutent celles liées au vieillissement.

Certains patients cumulent le VIH, le diabète, des maladies cardiovasculaires, du cholestérol et parfois même des cancers. La gestion devient donc très lourde. Dans ma clientèle, une partie de la population relève désormais presque de la gériatrie. Ce qui complique encore les choses, c’est que si certains ne prennent qu’un seul comprimé par jour pour le VIH, ils en prennent entre 20 et 30 pour leurs autres affections…

C’est paradoxal tout ça. Au fond, les nouveaux médicaments prolongent la longévité, mais entraînent aussi des problèmes secondaires liés au vieillissement ?

Ce n’est pas tant les médicaments en eux-mêmes, mais plutôt le fait que certains patients n’ont pas été traités pendant longtemps. Comme on le sait, le VIH provoque un certain vieillissement prématuré. Il y a aussi les habitudes de vie : alcool, drogues, etc. Les cancers que j’observe ne sont pas nécessairement liés au VIH ; ils peuvent être dus à de mauvaises habitudes adoptées durant la jeunesse, entre autres. Je traite beaucoup de patients âgés vivant avec le VIH, et ce qui complique les choses, ce sont les interactions médicamenteuses. Des études ont démontré que, même si le taux de cholestérol est bon, il est recommandé d’administrer une statine après 40 ans, car le VIH est une maladie inflammatoire. Heureusement, nous pouvons compter sur d’excellents pharmaciens, des polypharmaciens, qui nous aident énormément dans la gestion de ces cas, notamment en raison des effets secondaires, etc.

Un lecteur nous demandait si, comme pour le virus de la COVID, le virus du VIH s’affaiblissait avec le temps et si les versions actuelles étaient moins virulentes que celles du passé ?

On n’a pas observé cela. Il y a moins de cas de VIH qu’avant grâce à la PrEP, mais on ne peut pas comparer la COVID au VIH. La COVID est un virus respiratoire pour lequel un vaccin a été développé rapidement, tandis que le VIH est une maladie incurable qui attaque directement le système immunitaire, rendant la recherche de traitements et surtout de vaccins beaucoup plus difficile.

Merci Réjean de toujours nous permettre de mieux comprendre notre santé et de nous transmettre ton savoir inestimable !

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