
Roger-Luc Chayer (Image : Pixabay)
Une crise majeure : les ravages de l’usage des drogues à Montréal en 2026
En 2026, les ravages liés à l’usage des drogues restent dramatiquement visibles. Montréal a enregistré plus de 191 décès par surdose en 2025, un bilan alarmant qui transcende toutes les classes sociales. De certains itinérants aux étudiants, en passant par des professionnels, avocats, médecins, et même des élus, tant parlementaires que municipaux, aucune catégorie n’est épargnée par cette crise sanitaire majeure.
Statistiques alarmantes sur les décès par overdose
Selon les données les plus récentes de la Direction régionale de santé publique de Montréal, il y a eu environ 191 décès par overdose de drogues à Montréal en 2025 (décès liés à une intoxication suspectée aux drogues) sur la base des données provisoires disponibles. Ce chiffre correspond à une moyenne d’environ 15,9 décès par mois pour l’année 2025, bien que ces données puissent encore être ajustées à mesure que les enquêtes coronériales se poursuivent.
Consommation de drogues à Montréal : chiffres et tendances
Les données de l’Enquête québécoise sur la santé de la population 2020‑2021 montrent qu’environ 22 % de la population de Montréal ont déclaré avoir consommé une drogue quelconque au cours des 12 derniers mois. Ce pourcentage inclut le cannabis, qui est légal, mais donne une indication de l’ampleur globale de la consommation de substances psychoactives dans la ville.
Si l’on exclut le cannabis et ne retient que les drogues illégales autre que le cannabis (cocaïne/crack, héroïne, meth, ecstasy, hallucinogènes, etc.), les données provinciales indiquent qu’environ 4,3 % de la population de 15 ans et plus au Québec consommait ce type de drogues au cours des 12 derniers mois. Appliqué à Montréal (qui a une population d’environ 1,7 million d’habitants), cela suggère des dizaines de milliers de personnes (par exemple, autour de 70 000 à 80 000 si on considère uniquement les 15 ans et plus).
La loi face à la vente et la possession de drogues illégales
La vente et la possession de certaines de ces drogues sont illégales, avec des peines souvent sévères, tant en raison des vies brisées des consommateurs que des répercussions sur leurs employeurs et leur entourage. On tombe trop rapidement dans la spirale de la dépendance, car la nature même de ces substances vise à créer une addiction aussi vite que possible.
La promotion illégale sur les réseaux sociaux
Depuis quelques jours, certains réseaux sociaux font carrément la promotion de la vente en ligne des pires drogues qui existent, tirant même des profits de ces publicités, alors que le simple fait de promouvoir la vente de drogue que ce soit au Canada ou dans la plupart des pays du monde constitue un acte criminel.


Parmi les drogues illégales couramment vendues sur ces réseaux sociaux, on trouve la cocaïne, l’héroïne, le crack, la méthamphétamine, l’ecstasy, le LSD, la kétamine, la MDMA, la PCP, la cocaïne fumée, le GHB, la psilocybine (champignons hallucinogènes) et le fentanyl non prescrit.
Encadrement légal strict et sanctions prévues
Le Code criminel canadien encadre strictement la vente, la possession, la production et le trafic de drogues illégales. Selon les articles 5 à 11 de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, il est illégal de vendre, offrir en vente, distribuer, produire, importer ou exporter des substances inscrites sur les listes de drogues interdites sans autorisation légale.
Les peines varient en fonction de la nature de l’infraction et des substances impliquées, mais peuvent aller de peines d’emprisonnement avec sursis pour les infractions mineures à des peines de prison fermes pouvant atteindre la réclusion à perpétuité pour les infractions graves, notamment le trafic de drogues comme l’héroïne, la cocaïne ou le fentanyl.
En outre, le Code criminel prévoit aussi des sanctions accrues lorsque l’infraction implique des mineurs, se déroule près d’écoles, ou fait partie d’activités organisées ou criminelles. La loi vise à dissuader la vente illégale de drogues par une combinaison de sanctions pénales sévères et de mesures pour protéger la santé publique.


Vente illégale en ligne : un phénomène en expansion
La vente de drogues illégales en ligne est expressément interdite par la loi canadienne et fait l’objet de sanctions sévères. Le Code criminel, combiné à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, couvre toutes les formes de trafic, y compris la vente, l’offre ou la distribution de substances contrôlées via Internet.
Cette interdiction s’applique non seulement à la vente physique traditionnelle, mais aussi à tout commerce électronique, forum, réseau social ou plateforme en ligne utilisée pour faciliter la transaction ou la promotion de drogues illégales.
Témoignage choc : la facilité d’accès aux drogues en ligne
Ce qui est absolument aberrant avec ces publicités, c’est qu’elles offrent même la livraison gratuite par la poste à votre porte ! C’est ce qui est arrivé à John, qui accordait une entrevue récemment aux infos de Radio-Canada. Toujours selon Radio-Canada, « C’est aussi facile que de passer une commande sur Amazon, fait remarquer John, qui a accepté de témoigner, mais sous le sceau de la confidentialité. Il ne veut pas alerter ses proches. Il a un historique de dépendance à la cocaïne. Chaque fois que j’ouvre Facebook, la troisième publicité qui apparaît, c’est de la coke. J’ouvre Instagram, la deuxième publicité, c’est de la coke. Même si John a d’abord cru à une fraude, il a décidé de sortir sa carte de crédit et de tenter le coup. À sa grande surprise, quelques jours plus tard, il a reçu un courriel de Postes Canada : son colis était arrivé. Il a rechuté. »
Une porte-parole de Google fait valoir que l’entreprise conçoit ses systèmes de manière à mettre en avant de l’information de haute qualité et à éviter d’exposer les internautes à du contenu nuisible qu’ils ne recherchent pas. L’entreprise ajoute qu’elle se laisse guider par les lois locales lorsqu’il s’agit de retirer des pages de ses résultats.
Malgré les échanges entre La Facture (Radio-Canada) et Google, le site sur lequel John a commandé de la cocaïne demeure visible dans les résultats de recherche.


Effets et dangers des drogues illégales vendues en ligne
Il faut savoir que les drogues vendues illégalement sur Google ou les réseaux sociaux peuvent avoir des effets extrêmement néfastes sur la santé et même provoquer la mort par surdose. En voici quelques exemples :
La cocaïne est un stimulant puissant qui provoque une euphorie intense, une augmentation de l’énergie et de la vigilance, mais elle expose aussi à des risques élevés de dépendance, d’arythmie cardiaque, et de crises d’angoisse.
L’héroïne, un opioïde très addictif, induit une sensation intense de bien-être et de relaxation, mais son usage entraîne rapidement une dépendance sévère, avec un risque élevé de surdose mortelle, notamment par dépression respiratoire.
La méthamphétamine provoque une stimulation intense du système nerveux central, favorisant l’énergie et la concentration, mais elle peut causer de graves troubles psychotiques, une détérioration physique rapide, et un fort potentiel addictif.
L’ecstasy (MDMA) est une drogue empathogène, qui favorise la sensation de lien social et l’euphorie, mais elle peut provoquer déshydratation sévère, hyperthermie, et des troubles psychiatriques à long terme.
Le LSD, un hallucinogène puissant, altère profondément la perception, provoquant hallucinations visuelles et sensorielles, mais peut aussi entraîner des épisodes d’anxiété intense, voire de psychose chez certaines personnes vulnérables.
La kétamine, utilisée à la fois comme anesthésique médical et drogue récréative, provoque des effets dissociatifs, mais son usage chronique peut causer des dommages urinaires et cognitifs importants.
Le fentanyl, un opioïde synthétique extrêmement puissant, est souvent à l’origine de surdoses mortelles, même en très faibles doses, en raison de son effet dépressif majeur sur la respiration.
Le crack, forme fumée de la cocaïne, partage les effets stimulants de la cocaïne mais provoque une addiction plus rapide et plus intense, avec des impacts sévères sur la santé cardiovasculaire.
Le GHB, souvent appelé “drogue du viol”, a des effets sédatifs puissants et peut entraîner une perte de conscience, un coma, voire la mort en cas de surdosage.
Chaque drogue comporte ses propres risques spécifiques, mais toutes partagent un potentiel d’addiction, des effets néfastes sur la santé mentale et physique, et un risque accru de mortalité, particulièrement lorsqu’elles sont consommées de manière non contrôlée ou associées à d’autres substances.


Que faire face aux publicités pour drogues illégales sur les réseaux sociaux ?
Quand on tombe sur des publicités sur les réseaux sociaux promouvant la vente de drogues illégales, il est important d’agir avec vigilance et responsabilité. La première étape consiste à ne pas cliquer sur ces liens ni interagir avec ces contenus, afin de ne pas encourager leur diffusion ni risquer d’être impliqué.
Ensuite, il faut signaler ces publicités directement aux plateformes concernées — la plupart des réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, Twitter ou TikTok disposent d’options pour signaler les contenus illégaux ou inappropriés. Cela aide les modérateurs à retirer rapidement ces publicités et à renforcer la sécurité en ligne.
Par ailleurs, il est possible de porter plainte auprès des autorités locales ou de la police, notamment les services spécialisés dans la cybercriminalité ou la lutte contre le trafic de drogues. Les forces de l’ordre disposent souvent de moyens pour enquêter et intervenir contre ces activités illégales en ligne.
PUBLICITÉ
