PLUS DE CANNABIS CHEZ LES LGB

Par: Salle de presse de l’Université de Montréal

C’est bien connu: selon des études, les jeunes de la diversité sexuelle – c’est-à-dire, les jeunes lesbiennes, gais et bisexuels (LGB) – consomment plus de cannabis et ont plus de défis liés à la santé mentale que leurs paires hétérosexuelles. Mais qu’en est-il des changements de taux de consommation de cannabis: est-ce qu’ils précèdent ceux liés à la santé mentale ou est-ce bien l’inverse? Une nouvelle étude de l’Université de Montréal offre quelques réponses.
Dans la revue scientifique Journal of Abnormal Psychology, Kira London-Nadeau, étudiante au doctorat et boursière Vanier des IRSC au Département de psychologie de l’UdeM et au Centre de Recherche du CHU Sainte-Justine, en fait le point. Les participants ont été suivis depuis l’âge de cinq mois et l’étude reposait sur leurs réponses à des questionnaires récoltés à 13, 15 et 17 ans. Bien qu’il y avait un lien entre les symptômes de dépression à 15 ans et l’augmentation de la consommation de cannabis à 17 ans dans l’échantillon général, l’association était cinq fois plus forte chez les jeunes LGB. Selon Kira London-Nadeau, cette relation pourrait signaler une pratique d’automédication par le cannabis pour faire face aux symptômes de dépression chez les jeunes LGB. L’utilisation de cannabis à ces fins pourrait également indiquer que d’autres sources de soutien pour les symptômes de dépression sont manquantes ou inadaptées aux réalités des jeunes LGB.
Fait inattendu, l’étude a également fait ressortir que les symptômes d’anxiété chez les LGB à 15 ans prédisaient une réduction de la consommation de cannabis à 17 ans. Ce résultat semble donc aller à l’encontre de celui entre la dépression et la consommation de cannabis dans le groupe LGB.
«La différence entre la relation dépression-cannabis et la relation anxiété-cannabis pourrait indiquer des réalités différentes que les jeunes LGB vivraient, notamment à l’égard de leur affichage public de leur orientation sexuelle minoritaire», soutient Kira London-Nadeau. Ainsi, la chercheure estime que les facteurs sociaux reliés à l’expérience d’une orientation sexuelle minoritaire joueraient un rôle important à la fois dans la consommation de cannabis et dans les défis liés à la santé mentale, ainsi qu’à leur relation chez les adolescentes et les adolescents. À cet égard, elle souligne le besoin que les services offerts aux jeunes, particulièrement en matière de santé mentale, soient mieux outillés.
«À l’adolescence, on est constamment en train d’essayer de comprendre son identité en tant que personne, ce qui en soi est assez difficile. Lorsqu’on ajoute la découverte d’une orientation sexuelle minoritaire à ce développement identitaire, les choses deviennent encore plus compliquées », indique la jeune chercheuse, s’identifiant elle-même comme femme lesbienne.
«À présent, il s’agit d’approfondir le pourquoi de ces associations et de s’assurer d’inclure d’autres communautés qui pourraient vivre des expériences similaires, dont les adolescent.es trans et non-binaires, ainsi que les jeunes adultes de la diversité sexuelle et de genre, poursuit-elle. Ces résultats seront cruciaux pour ces communautés, car ils nous permettront de mieux cibler les besoins afin de finalement parvenir à un niveau plus équitable de parité à l’égard de leur santé».

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