Roger-Luc Chayer
La Société Radio-Canada/CBC Network est un des importants symboles mondiaux de médias de qualité tant avec sa télé qu’avec sa radio ou ses réseaux sociaux. Équivalente à la BBC ou aux grands réseaux américains, Radio-Canada a acquis cette réputation grâce à ses moyens financiers exceptionnels qui proviennent essentiellement de subventions du Gouvernement du Canada (qui finance la société d’État avec nos taxes et impôts), des revenus publicitaires et des redevances payées par les utilisateurs de canaux comme RDI.
Contrairement à TVA ou CTV, la société d’État est la seule à recevoir une grande part de son financement de l’État canadien. À ce titre, elle se doit de livrer une information de qualité supérieure, car elle doit des comptes aux Canadiens. Nous sommes tous habitués aux bourdes de TVA qui nous livre des nouvelles mal rédigées, comportant de nombreuses fautes de français ou d’orthographe, mais voilà que depuis quelques mois, le même phénomène se produit à Radio-Canada.
On peut parfois voir passer des fautes sur RDI avec les titres qui défilent au bas de l’écran, mais jamais il n’y aura eu autant de fautes élémentaires dans les textes présentés sur la page Facebook de Radio-Canada à tel point qu’à titre d’éditeur du Groupe Gay Globe et contribuable, je trouve insultant que notre média national se permette de publier des textes qui semblent être rédigés par des personnes n’ayant définitivement pas la maîtrise de la langue française nécessaire à de telles fonctions. Pire, tant sur le plan de la rédaction, que de la diffusion, de la mise en ligne ou de la supervision jusqu’au patron de la salle de rédaction, personne n’intervient
En voici quelques exemples, tous observés sur une période de 24 heures: «Vivre en CHSLD coûte de plus en plus cher, mais résidents sont moins nombreux à obtenir l’aide de l’État», «REM: quatre factures sort de la brume», «Cette communauté fait grimper la population de la province et revitalisent son économie» ou «Tump (plutôt que Trump) Nobel de la paix?».
Non seulement on publie ce type de nouvelles, avisés par les membres de la page Facebook à répétition de l’existence des fautes, Radio-Canada ne fait rien pour les corriger.
Le 14 décembre 2017, exaspéré par la piètre qualité des nouvelles publiées, j’ai porté officiellement plainte à l’ombudsman de la Société d’État qui est intervenu afin que la salle de rédaction s’explique. J’ai reçu peu de temps après un courriel d’un rédacteur de nouvelles qui admettait effectivement que certaines nouvelles comportaient des fautes et que le public pouvait signaler ces fautes en utilisant une fonction au bas de chaque article.
Est-ce vraiment au public à réviser et à corriger les fautes des journalistes qui sont pourtant soumis à un code d’éthique on ne peut plus clair sur cette question? «Nous visons l’excellence et le respect des meilleures pratiques dans notre action journalistique.», «Les Normes et pratiques journalistiques (NPJ) s’appliquent au personnel des nouvelles, des actualités et des affaires publiques ainsi qu’aux contenus d’information produits, diffusés et mis en ligne par ces équipes.», «La crédibilité et l’image de marque de l’information de Radio-Canada ne doivent faire l’objet d’aucun compromis.» Petite nouvelle pour vous Radio-Canada, c’est RATÉ!