Roger-Luc Chayer/Portail VIH/SIDA
Une étude clinique en partie effectuée à la Clinique l’Actuel du Docteur Réjean Thomas donne des résultats très intéressants et pourrait mener sous peu à une révolution dans le traitement et la prévention du VIH.
C’est à la Conférence de Boston sur le VIH en février dernier qu’étaient dévoilés les résultats d’une phase II sur plus de 300 patients atteints du VIH dont certains prenaient un cocktail de comprimés au quotidien et, d’autres, une version injectable soit une seule fois par mois ou bimestrielle. L’étude avait pour but de déterminer si la non détection du virus, que les patients obtenaient déjà avec les comprimés, pouvait aussi être atteinte avec une seule injection, mensuelle ou bimestrielle, mais avait aussi pour but de déterminer si cette injection pouvait servir de PrEP, cette nouvelle technique qui consiste à traiter préventivement avec des antiviraux avant une éventuelle infection.
Bonne nouvelle, la combinaison de cabotegravir et de rilpivirine injectable donne des résultats similaires au niveau de l’indétectabilité mais chiffre intéressant: 90% des injectés se déclaraient satisfaits du traitement à comparer aux 70% des patients traités par comprimés.
Quelques raisons expliquent ce taux de satisfaction. Les effets secondaires de l’injection sont considérablement moindres au niveau digestif et le respect de chaque prise, de chaque dose, pour obtenir une indétectabilité optimale, est plus difficile à gérer en prenant des comprimés au quotidien alors qu’en version injectable, les même résultats sont atteints, que l’on reçoive une dose mensuelle ou bimestrielle. Le régime injectable consiste en des injections séparées de 2-3ml de cabotegravir et rilpivirine dans le fessier.
Dr Margolis a aussi parlé d’injections possibles dans la cuisse afin de permettre l’auto-administration. Il a dit qu’il y avait une certaine souplesse dans le dosage, ce qui permettrait une flexibilité d’environ une semaine avant ou après la date prévue de l’injection.
Le cabotegravir et le rilpivirine injectables étaient généralement sûr et bien tolérés. Des événements indésirables graves se sont produits dans 6% des cas qui ont opté pour les produits injectables à action prolongée et 5% de ceux qui sont restés sur le traitement par voie orale, mais ceux-ci ne sont pas considérés comme liés aux médicaments. Aucun des schémas posologique -quatre ou huit semaines- a été démontré comme étant nettement meilleur.