Avec « RuPaul’s Drag Race », l’Amérique refoulée fait enfin entendre sa voix

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Vanity Fair

Pour la seconde fois de sa carrière, RuPaul Andre Charles, 56 ans, est sous le feu des projecteurs. Tout commence en 1993 lorsqu’il devient, avec son album « Supermodel of the World », le porte-parole de la communauté drag, réussissant le pari fou de se frayer un chemin dans les charts entre Nirvana et les stars du gangsta rap des nineties. Une décennie qui réussit à RuPaul, puisque, non content de voir son single « Supermodel (You Better Work) » truster les ondes radios, le voilà qui devient porte-parole de la marque de cosmétiques MAC, et hôte d’un talk-show sur VH1. Du jamais-vu pour un homme noir, homosexuel et… drag, proclamé personnalité-phare de la scène gay new-yorkaise des années 90.

Les années passent, et c’est loin de tous que RuPaul préfère soigner quelques-unes des addictions qui vont souvent de pair avec le monde de la nuit. 2009 signe son retour définitif sur les petits écrans américains et dans les foyers d’une grande partie des États-Unis. La chaîne Logo dévoile alors RuPaul’s Drag Race, une télé-réalité qui, comme son nom l’indique, met en compétition une poignée de drag queens, toutes là pour se voir couronnées du titre d’ « America’s Next Drag Superstar ». Le générique annonce la couleur : un tube de rouge à lèvres tournoyant sur l’écran, un air électro lancé à fond, et un RuPaul version drag queen moulé dans une combinaison d’un rose à faire éclater les pupilles des spectateurs. En 40 minutes s’enchaînent mini-défi, confessions intimes, petits coups bas, défilé grandiose, et, clou du spectacle, une séance de « lip sync » permettant à l’une des deux candidates en ballotage de sauver sa peau à grands coups de « voguing » et autre playback inspiré. À la fin, il n’en reste donc qu’une, évidemment couronnée du titre de transformiste superstar.

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