Travaux de la Ville de Montréal : des automobilistes se retrouvent piégés dans leur stationnement du Village gai

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Roger-Luc Chayer (Photo : Roger-Luc Chayer / Gay Globe)

Jeudi dernier, le 23 juillet, sur la rue Plessis, dans le Village gai de Montréal, s’est déroulée une situation qui aurait pu entraîner d’importants inconvénients et de lourdes conséquences financières pour la propriétaire de cette voiture électrique Volkswagen.

Selon les informations recueillies sur place, aucun avertissement ni avis n’aurait été transmis aux personnes qui stationnent sur des terrains privés ou dans des garages intérieurs, comme celui situé derrière le 1380, rue Sainte-Catherine Est, avant que des cols bleus de la Ville de Montréal n’entreprennent d’arracher les trottoirs et d’excaver la rocaille afin d’en préparer la reconstruction.

La veille, constatant que ces travaux étaient sur le point de commencer, je me suis présenté au contremaître pour lui expliquer qu’un ami du Vermont était en route vers Montréal et qu’il disposait d’une place de stationnement dans le garage intérieur de l’immeuble. Je lui ai demandé s’il pourrait y accéder malgré les travaux. Selon mes souvenirs, le contremaître m’a répondu que des plaques métalliques seraient installées afin de permettre aux automobilistes d’entrer et de sortir de leurs espaces de stationnement.

Or, si des plaques ont effectivement été installées pour accéder au garage intérieur, comme on peut le voir complètement à gauche sur la photo, aucune ne permettait, au moment des faits, de sortir du stationnement extérieur. Deux véhicules se sont ainsi retrouvés immobilisés, dont cette voiture appartenant à une employée de Radio-Canada.

Cette situation soulève des questions quant à la planification des travaux et aux mesures mises en place pour maintenir l’accès aux stationnements privés pendant le chantier. Les deux automobilistes se sont retrouvés dans l’impossibilité de sortir leur véhicule.

La conductrice a cru, à tort, qu’à l’aide d’une simple planche de bois, elle pourrait réduire la différence de niveau entre la sortie de son stationnement et la rocaille afin de tenter de sortir de cette impasse. Malheureusement, la planche n’a pas résisté sous le poids du véhicule et la voiture s’est retrouvée immobilisée dans une position précaire, incapable d’avancer ou de reculer.

Quelques personnes, dont l’auteur de ces lignes, ont tenté de lui venir en aide. Il aura finalement fallu l’intervention du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), du 311 ainsi que d’une dépanneuse afin de dégager le véhicule.

À la suite de cet incident, une réclamation devrait être déposée auprès de la Ville de Montréal afin que les circonstances de cette intervention soient examinées et que les responsabilités, le cas échéant, soient établies.

La Ville de Montréal pouvait-elle agir de cette façon?

La réponse est nuancée. La Ville de Montréal possède le pouvoir d’effectuer des travaux sur la voie publique et de restreindre temporairement l’accès à certaines propriétés lorsque ces travaux l’exigent. Toutefois, ce pouvoir s’accompagne d’une obligation de planifier les interventions de manière à limiter les inconvénients pour les citoyens et à éviter de leur causer un préjudice inutile.

Dans le cas survenu le 23 juillet sur la rue Plessis, dans le Village gai de Montréal, plusieurs questions demeurent sans réponse. Selon les informations recueillies, aucun avis n’aurait été remis aux personnes utilisant les stationnements privés situés derrière certains immeubles avant que les trottoirs ne soient démolis et que les excavations ne rendent les sorties impraticables.

Au moment d’écrire ces lignes, la version de la Ville de Montréal n’avait pas encore été obtenue. Celle-ci pourrait notamment préciser si un avis avait été transmis aux propriétaires ou aux gestionnaires de l’immeuble, quelles mesures étaient prévues pour maintenir l’accès aux stationnements privés et pourquoi certains véhicules se sont retrouvés complètement enclavés par les travaux.

En attendant ces explications, cet incident soulève des interrogations sur la planification des chantiers municipaux et sur les moyens mis en œuvre pour protéger les droits des citoyens lorsque des travaux publics rendent temporairement leurs propriétés inaccessibles.

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