
Roger-Luc Chayer (Image : IA / Gay Globe)
Tout le monde le sait au Québec : les Montréalais se sont donné une nouvelle administration avec l’équipe de Soraya Ferrada Martinez et Claude Pinard, qui ont annoncé dès leur élection les priorités de la Ville sur plusieurs sujets.
Les principales orientations annoncées
La crise du logement
L’un des engagements centraux concernait la construction et l’accès à des logements abordables et sociaux afin de répondre à la pénurie qui touche Montréal. La nouvelle administration a aussi promis d’accélérer les projets immobiliers et de réduire les délais bureaucratiques liés aux permis.
L’itinérance et la crise de la rue
L’équipe a fait de la lutte contre l’itinérance un chantier prioritaire, notamment en promettant de mieux coordonner les interventions sur le terrain et d’encadrer les campements dans l’espace public. Un groupe d’intervention tactique devait être mis sur pied pour coordonner les services municipaux et communautaires.
La propreté et la qualité de vie dans les quartiers
Un autre objectif était de ramener la propreté dans les rues et les espaces publics, un enjeu souvent évoqué par les citoyens durant la campagne. Cela inclut la gestion des déchets, l’entretien urbain et l’amélioration de l’apparence des quartiers.
La sécurité et le sentiment de sécurité
La nouvelle administration a aussi insisté sur la nécessité de renforcer le sentiment de sécurité dans la ville, notamment dans les secteurs touchés par la criminalité ou les problèmes sociaux liés à l’itinérance.
La mobilité et la gestion des chantiers
Un autre axe important concernait la mobilité urbaine, avec la promesse de mieux coordonner les nombreux chantiers et d’améliorer la circulation. L’objectif était de réduire la congestion et de rendre les déplacements plus fluides.
Une administration municipale plus efficace
Enfin, l’équipe de la mairesse a promis une gestion plus rigoureuse de la Ville, notamment en simplifiant la bureaucratie et en améliorant l’efficacité des services municipaux.
Le contraste avec l’administration précédente
Ce n’est pas une mince affaire, et ces annonces représentent un grand défi, qui contraste avec l’administration antérieure de Valérie Plante et de Robert Beaudry, laquelle a laissé la métropole dans un état lamentable à tous les niveaux.
Selon moi, le plus grand défi, outre l’itinérance et la crise du logement, puisque cela implique des vies humaines, est la propreté. À titre d’exemple, l’arrondissement de Ville-Marie, qui inclut le Village gai de Montréal, comporte tous les ingrédients susceptibles de rendre la ville sale, et les causes découlent de décisions tant du gouvernement de la Ville de Montréal que de celui du Québec.
Les deux principaux facteurs du chaos et de la malpropreté dans Ville-Marie
La décision des autorités municipales de concentrer dans un même quadrilatère tous les services communautaires et sociaux pour les personnes itinérantes, toxicomanes, impliquées dans la prostitution ou souffrant de maladies mentales a des conséquences évidentes. Cette concentration attire naturellement un nombre disproportionné de clients et de bénéficiaires, comparé aux autres arrondissements de l’île de Montréal. Ne me dites pas que Westmount rencontre le même problème : autre ville, autre administration, à un coin de rue de Ville-Marie.
La concentration de tous ces services dans un même secteur crée plusieurs problèmes interconnectés : elle attire un grand nombre de personnes vulnérables, provoque des interactions conflictuelles ou dangereuses, met une pression énorme sur l’espace public et les infrastructures, et peut créer un stigmatisme pour le quartier.
La consigne : un facteur aggravant
Un autre problème majeur pour l’arrondissement est d’avoir accordé de la valeur à des déchets. Je m’explique :
Lorsque le gouvernement du Québec a décidé d’instaurer une consigne sur les bouteilles de plastique, les canettes, les bouteilles de vin, etc., il a attribué une valeur monétaire à ces contenants. Le but est d’encourager le recyclage et de réduire les déchets dans la nature, tout en créant une incitation économique pour récupérer les contenants.
Cependant, dans des quartiers densément peuplés et vulnérables comme Ville‑Marie, cette valeur attire un flux important de personnes cherchant à récupérer les contenants, ce qui entraîne désordre, malpropreté et tensions avec les résidents.
L’impact visible dans le Village
Quiconque circule dans le Village la veille du ramassage des ordures constate semaine après semaine des hordes d’individus éventant chaque sac de déchets pour récupérer le moindre objet consigné, laissant le reste éparpillé sur le trottoir. Les bacs des immeubles résidentiels sont parfois vidés sur la chaussée, et les déchets restants ne sont jamais replacés.
Résultat : le quartier se retrouve dans un état de malpropreté qui n’existait pas avant l’instauration de la consigne. Montréal, autrefois réputée pour sa propreté exemplaire, voit son image se détériorer dans certains secteurs.
Des solutions possibles
Le défi pour la Ville de Montréal est clair : concilier la forte présence de personnes dans le besoin avec la valorisation des déchets. Dans plusieurs pays européens, la consigne n’existe pas : des cloches de recyclage sécurisées sont installées dans des endroits stratégiques, et seule la ville peut les vider à intervalles réguliers.
Pour donner une chance au Village de se redresser, la ville pourrait répartir les services en grappes sur l’ensemble du territoire. Les centres d’injection supervisés pourraient être placés dans des zones industrielles avec transport gratuit pour les bénéficiaires, et les services aux personnes itinérantes offerts dans des arrondissements moins densément peuplés.
De plus, la grande région métropolitaine de Montréal pourrait bénéficier d’une exemption à l’application de la loi sur la consigne, retirant toute valeur aux contenants, ce qui limiterait fortement le phénomène des chercheurs de « pépites d’or » dans les poubelles. La ville pourrait alors instaurer un système de recyclage plus propre et plus facile à gérer, évitant le recours à des équipes de nettoyeurs chargées de ramasser des déchets sans solution durable.
Votre avis compte
L’effet serait immédiat, j’en suis certain. Qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à commenter au bas de cet article et à proposer vous aussi des solutions.
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« Les autorités du village souffriraient‑elles du syndrome de Stockholm ? » — un article d’opinion analysant les difficultés sociales et urbaines du Village gai, notamment face aux problèmes de désordre, d’itinérance et d’insécurité, avec une critique de la réponse des autorités.
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