
Arnaud Pontin (Image : IA / Gay Globe)
Vous connaissez le terme « cougar » chez la femme ? Une cougar désigne une femme passée la cinquantaine qui apprécie la compagnie et les relations avec des hommes plus jeunes qu’elle, parfois beaucoup plus jeunes.
Toutes les femmes n’éprouvent pas une augmentation de leur désir sexuel en vieillissant, mais il est vrai que de nombreuses études montrent qu’une partie des femmes rapportent une vie sexuelle plus épanouie entre la quarantaine et la soixantaine. Plusieurs facteurs biologiques, psychologiques et sociaux peuvent l’expliquer.
Sur le plan psychologique, beaucoup de femmes gagnent en confiance avec l’âge. Elles connaissent mieux leur corps, savent davantage ce qui leur procure du plaisir et communiquent plus facilement leurs désirs à leur partenaire. Elles sont souvent moins préoccupées par leur apparence ou par le regard des autres que dans leur jeunesse.
Sur le plan hormonal, la situation est plus complexe. La ménopause entraîne une baisse des œstrogènes, ce qui peut diminuer la lubrification vaginale et parfois le désir. Toutefois, la diminution des œstrogènes est généralement plus importante que celle de la testostérone, une hormone qui joue aussi un rôle dans le désir sexuel chez les femmes. Chez certaines, ce changement relatif peut contribuer au maintien, voire à une augmentation de la libido.
Le terme « cougar » vient de l’anglais, où il désigne d’abord le Cougar, aussi appelé puma ou lion des montagnes. Son emploi au sens figuré est apparu en Amérique du Nord à la fin des années 1990 et s’est largement répandu au début des années 2000.
L’origine exacte est difficile à attribuer à une seule personne, mais le terme est né dans l’argot populaire pour comparer une femme mûre séduisant des hommes plus jeunes à un félin considéré comme élégant, puissant et prédateur. L’expression s’est ensuite popularisée dans les médias, notamment après la sortie du film Cougar Club et de l’émission de téléréalité The Cougar, ainsi qu’à travers de nombreux articles de presse et la culture populaire.
À l’origine, le mot avait souvent une connotation péjorative ou moqueuse. Avec le temps, plusieurs femmes se sont réapproprié le terme et l’utilisent aujourd’hui de manière assumée, voire valorisante, pour désigner une femme indépendante qui choisit librement des partenaires plus jeunes.
Existe-t-il un équivalent masculin gay des « cougars » ?
Oui. Dans la culture gaie, plusieurs termes sont utilisés, mais aucun n’est un équivalent parfait et universel de « cougar ».
Le plus connu est « daddy ». Il désigne généralement un homme mûr, souvent âgé de 40 ans ou plus, perçu comme séduisant, expérimenté et parfois protecteur. Le terme ne signifie pas automatiquement qu’il recherche des partenaires plus jeunes, mais c’est fréquemment le cas dans l’imaginaire populaire et sur les applications de rencontre.
Lorsque l’accent est mis sur la pilosité et la carrure, on utilise aussi « bear » (ours) pour un homme corpulent et poilu, ou « silver daddy » pour un homme aux cheveux gris qui correspond à l’image du « daddy ».
À l’autre extrémité, les hommes plus jeunes attirés par les hommes mûrs sont souvent appelés « twinks » lorsqu’ils sont jeunes et minces, bien que ce terme décrive surtout leur apparence plutôt que leur préférence amoureuse. Sur certaines plateformes, on trouve aussi l’expression « dad chaser », qui désigne un homme recherchant spécifiquement des partenaires de type « daddy ».
Ainsi, si l’on cherche l’équivalent gay le plus proche de « cougar », « daddy » est de loin le terme le plus courant. Il évoque un homme mûr considéré comme attirant et qui peut entretenir des relations avec des hommes plus jeunes, même si le mot ne se limite pas à cette seule dynamique.
La dynamique entre un silver daddy et un twink varie énormément selon les individus, mais certains traits reviennent fréquemment dans la culture gaie et les études sur les relations intergénérationnelles.
Du côté du silver daddy, l’attrait peut résider dans la jeunesse, l’énergie, la spontanéité ou la beauté physique du partenaire plus jeune. Certains apprécient également le sentiment de transmettre leur expérience, que ce soit dans la vie, les relations ou la sexualité, même si ce n’est pas une règle.
Du côté du twink, l’attirance peut être motivée par la maturité, la confiance en soi, la stabilité émotionnelle ou financière, ainsi que par l’expérience d’un homme plus âgé. Beaucoup recherchent un partenaire qu’ils perçoivent comme rassurant, cultivé ou charismatique. Là encore, ces motivations ne sont ni systématiques ni exclusives.
Dans la culture LGBTQ+, le terme « daddy » ne renvoie pas nécessairement à l’âge. Il peut aussi décrire une attitude : un homme sûr de lui, protecteur, attentionné ou dominant dans sa personnalité. De la même façon, un twink est avant tout défini par son apparence – généralement jeune, mince et peu poilu – et non par un rôle précis dans une relation.
Il est important de souligner que ces étiquettes décrivent des archétypes culturels plutôt que des catégories rigides. De nombreuses relations entre hommes présentant un écart d’âge ne correspondent pas à cette dynamique. Certaines sont fondées sur des intérêts communs, des valeurs partagées, une forte complicité intellectuelle ou affective, sans que l’âge joue un rôle central.
Lorsqu’une relation entre un silver daddy et un twink fonctionne bien, elle repose sur les mêmes éléments que toute autre relation : une attirance réciproque, une communication ouverte, le respect mutuel et un équilibre dans la répartition du pouvoir et des attentes.
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