Paris Match
Déjà huit personnes, cinq hommes et trois femmes, ont été arrêtées ces derniers jours en Gambie dans le cadre d’une opération visant les homosexuels.
Les trois femmes ont déjà été libérées le 13 novembre dernier. Elles demeurent néanmoins sous le joug d’une d’enquête pour «homosexualité». L’Agence nationale du renseignement (NIA) a confisqué à ces trois femmes leurs pièces d’identité et leur a demandé de ne pas quitter le pays. Pour le moment, les cinq détenus masculins restent en prison au siège de la NIA à Banjul, sans accès à un avocat, au mépris de la loi. Pour le moment, ils ne sont pas formellement inculpés.
«ILS SUBISSENT DES TORTURES ET MAUVAIS TRAITEMENTS»
Amnesty International se veut alarmiste quant à leur situation. «Ils subissent des tortures et mauvais traitements pour les forcer à avouer leurs prétendus crimes et à donner des informations sur d’autres présumés gays et lesbiennes», indique l’ONG. Ils sont notamment frappés et menacés d’être violés avec des objets pour «vérifier» leur orientation sexuelle. D’après Amnesty, les autorités gambiennes chercheraient à arrêter massivement des présumés homosexuels dont les noms figurent sur une liste. Certains hommes et femmes visés par cette opération ont réussi à quitter le pays pour se réfugier au Sénégal, le pays voisin.
«Cette répression inacceptable révèle l’ampleur de l’homophobie, avec le parrainage de l’Etat en Gambie», a déclaré dans un communiqué Steve Cockburn, responsable adjoint du bureau régional d’Amnesty à Dakar. Il ajoute : «L’intimidation, le harcèlement et toute arrestation basée uniquement sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre est une violation flagrante des textes sur les droits humains. Les autorités gambiennes doivent mettre immédiatement fin à cette agression homophobe».
L’HOMOSEXUALITÉ PASSIBLE DE 14 ANS DE PRISON
En août dernier, le Parlement gambien a voté une loi durcissant la répression contre l’homosexualité. Personne ne sait vraiment si le président Yahya Jammeh a promulgué ce texte qui permet de condamner à la prison des personnes séropositives ou vivant pleinement leur homosexualité. La Gambie n’est pas une exception. Comme dans la plupart des pays d’Afrique, l’homosexualité est interdite. En Gambie, être homosexuel est passible de 14 ans de prison, en dépit des appels de la communauté internationale au respect des droits de l’Homme.