
Par : Roger-Luc Chayer
Photos : Le Village gai de Montréal par Gay Globe Média et la couverture #166 par Gay Globe Média
Élections municipales 2025 : L’heure de vérité pour Montréal et le Québec
L’heure de vérité approche rapidement : le 2 novembre 2025, dans quelques jours à peine, l’ensemble du Québec sera appelé aux urnes pour les élections municipales. Les citoyens devront choisir leurs maires et leurs conseillers, parfois par acclamation faute d’opposition, et parfois même en l’absence de candidats, tant les fonctions s’avèrent exigeantes.
Contexte électoral et enjeux municipaux au Québec
Je n’ai pas la prétention de connaître en détail les enjeux propres à chaque ville du Québec. Toutefois, une certitude demeure : je connais parfaitement l’état de la situation dans la métropole, Montréal, qui regroupe à elle seule près de 48 % de la population provinciale. Ce n’est donc pas une mince affaire.
Élection municipale 2025 à Montréal : un scrutin crucial
L’élection de 2025 est cruciale, compte tenu de l’état préoccupant de la Ville. Dans son rapport récent, la vérificatrice générale Andrée Cossette dénonce une gestion insuffisante et cloisonnée de l’entretien routier, avec près de 40 % des rues locales et 30 % des artères classées en « mauvais » ou « très mauvais » état, sans interventions adéquates entre 2022 et 2024.
De nombreux budgets alloués restent inutilisés — en partie à cause de bris fréquents des équipements mécaniques — et les travaux planifiés ne sont pas réalisés.
Défauts de gestion municipale et conséquences pour Montréal
La coordination entre arrondissements et Ville-centre est déficiente, compromettant l’efficacité et l’équité des interventions. Sur le plan des dépenses par carte de crédit, les directives sont imprécises, sans critères clairs ni limites pour la distribution des cartes ou les montants autorisés pour les repas et hébergements, entraînant des dépenses discutables, comme un repas trop coûteux ou un hôtel mal choisi.
Et tout cela n’est encore rien, puisque le travail de la vérificatrice se limite à la gestion interne de la mairie. Il ne tient pas compte des conséquences globales des décisions politiques qui, depuis huit ans sous Valérie Plante et son parti Projet Montréal, ont littéralement brisé l’élan d’une grande partie de la ville.
Montréal : une crise économique et politique
Rien ne va plus : tout semble improvisé. Le cœur économique du Québec est en infarctus permanent — il a besoin d’oxygène, et vite!
D’où l’importance d’une élection, qui permet parfois à la population de se débarrasser d’un maire et de son parti pour les remplacer complètement par une nouvelle administration. C’est d’ailleurs une spécialité des Québécois : ils peuvent facilement passer du blanc au noir en une seule élection. On se souviendra, entre autres, de la « débandade » récente du NPD au Québec, ou encore du rejet de Denis Coderre, ex-maire de Montréal, remplacé il y a huit ans par « l’homme de la situation ». On sait aujourd’hui ce que cela a donné…
Analyse de la participation électorale à Montréal en 2021
La dernière élection à Montréal en 2021 a été une catastrophe. Alors que les Montréalais étaient exaspérés par les décisions incohérentes et abusives de Valérie Plante, ils ne sont pas allés voter ! En 2021, il y avait 1,111,100 électeurs montréalais inscrits qui avaient donc le droit de vote ; seuls 38,32 % se sont présentés aux urnes soit seulement 425 780 personnes.
Sur ces électeurs, 217 986 ont voté pour Valérie Plante alors que 158 751 votaient pour Denis Coderre ; cela signifie que seulement 19,6 % de la population a voté pour Valérie Plante. Le réveil a été difficile !
Élections municipales 2025 : enjeux et candidats à Montréal
Pour cette élection, plusieurs candidats et partis seront présents sur les bulletins de vote.
Économie montréalaise entre 2021 et 2025 : reprise et défis
Entre 2021 et 2025, l’économie montréalaise a traversé une période contrastée. Portée d’abord par la reprise post-pandémie, elle a bénéficié d’un regain du commerce, du tourisme et des technologies, avant de se heurter rapidement aux vents contraires de l’inflation, de la hausse des taux d’intérêt et d’un ralentissement immobilier.
Les entreprises ont dû composer avec une rareté persistante de main-d’œuvre qui a freiné la croissance et alourdi les coûts, tandis que le centre-ville peinait à retrouver son dynamisme d’avant-crise. Malgré des secteurs innovants en plein essor, Montréal demeure fragile, dépendante d’investissements soutenus pour éviter un essoufflement durable.
Crise sociale à Montréal : logement, inégalités et itinérance
D’un autre côté, la situation sociale montréalaise s’est profondément transformée. La pandémie a laissé des traces durables, accentuant les inégalités et aggravant la crise du logement, avec une flambée des loyers qui a fragilisé des milliers de ménages. L’itinérance est devenue un enjeu omniprésent, tout comme la pression sur les services sociaux et de santé déjà surchargés.
La diversité culturelle continue d’enrichir la métropole, mais elle confronte aussi la ville à des défis d’intégration et de cohésion. Malgré une vitalité communautaire et citoyenne indéniable, Montréal se débat avec une précarité sociale persistante qui mine son équilibre collectif.
Conséquences des politiques de Projet Montréal et de la mairesse Plante
Les actions entêtées de Projet Montréal et de la mairesse Plante ont eu de graves conséquences sur la population. Les politiques de mobilité, notamment la réduction de la place de l’auto, la multiplication des chantiers et la piétonnisation de certaines artères, sont perçues comme ayant nui à la fluidité de la ville et au commerce local.
La gestion du logement est jugée insuffisante face à une crise sans précédent, avec loyers en forte hausse et rareté persistante. Le parc de HLM est quasiment à l’abandon : des rénovations promises ne sont jamais réalisées, tandis que des milliers de logements restent vacants et tombent dans l’insalubrité.
En 2022, environ 1 700 logements HLM étaient vacants à Montréal, malgré une liste d’attente de plus de 24 000 ménages en quête d’un logement subventionné. L’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) gère un total de 20 810 logements HLM, répartis entre 9 603 pour les familles et 11 002 pour les aînés.
Principaux partis politiques et leurs chefs à Montréal
Je vous propose donc de vous présenter les principaux partis politiques et leurs chefs, afin de vous aider à faire les choix qui correspondent le mieux à vos opinions et à vos besoins en tant que Montréalais.
« QUE CEUX QUI NE VOTENT PAS SE TAISENT »
Pour cette élection, il y aura dix partis politiques officiellement reconnus : Action Montréal – Équipe Gilbert Thibodeau, Citoyen.ne.s Outremont, Ensemble Montréal – Équipe Soraya, Équipe Anjou, Équipe LaSalle Team, Futur Montréal, Mouvement Montréal, Parti Outremont, Projet Montréal – Équipe Luc Rabouin, Transition Montréal.
Pour les besoins de cet article, j’ai exclu les partis plus locaux, dont les enjeux sont très spécifiques, afin de ne retenir que les quatre principaux, dont deux sont pressentis comme pouvant former la prochaine administration. Voici une brève présentation de chacun.
Ensemble Montréal – Équipe Soraya : une opposition structurée
Ensemble Montréal – Équipe Soraya est un parti politique municipal de Montréal, formant l’opposition officielle au conseil municipal.
Soraya Martinez Ferrada est une réfugiée politique arrivée à Montréal à la fin des années 1980. Elle a grandi et bâti sa carrière dans la ville, avec une expérience dans le milieu communautaire et culturel, ainsi qu’en politique municipale, ayant été conseillère de Saint-Michel, députée fédérale et ministre.
Projet Montréal – Équipe Luc Rabouin : développement durable et inclusion sociale
Projet Montréal – Équipe Luc Rabouin est un parti politique axé, selon sa propre description, sur le développement durable, l’inclusion sociale et la démocratie participative.
Luc Rabouin, ancien maire du Plateau-Mont-Royal et président du comité exécutif de la Ville de Montréal détient un baccalauréat en psychosociologie de la communication de l’UQAM, une formation en développement économique local de l’Université Concordia et une maîtrise en sciences politiques de l’Université de Montréal.
Action Montréal – Équipe Gilbert Thibodeau : alternative pragmatique
Action Montréal – Équipe Gilbert Thibodeau est un parti politique formé en 2021. Il se positionne comme une alternative axée sur la saine gestion financière, la réduction des taxes municipales et une approche pragmatique face aux défis urbains.
Gilbert Thibodeau est le chef fondateur d’Action Montréal. Anciennement associé à des thèses controversées, il se présente désormais comme un défenseur de la langue française et de l’accessibilité à Montréal. Il a annoncé sa candidature à la mairie pour les élections municipales de 2025, mettant en avant une vision de « Montréal – Une île accessible ».
Un des problèmes avec ce parti et son candidat est qu’ils sont souvent impliqués dans des histoires invraisemblables, tout en traitant les médias, via son représentant officiel, de « murs contre l’information légitime », pour ensuite se plaindre qu’on ne parle pas d’eux dans ces mêmes médias. Il ne pourra donc pas traiter le Magazine Gay Globe de cette manière actuellement.
Élections municipales 2025 : candidats et enjeux à Montréal
Un candidat et un parti aux idées controversées : Gilbert Thibodeau et Action Montréal
Toujours dans le cas de Gilbert Thibodeau d’Action Montréal, ce dernier a souvent été impliqué dans des thèses conspirationnistes à propos de la COVID. Selon le Journal La Presse, « dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le chef d’Action Montréal remercie Geoff Molson pour sa « confiance ». Il partage du même coup l’article « Congédiement de Valérie Plante : la revanche de Geoff Molson », signé par David Garel, le fondateur de Hockey30. » Déclarant avoir l’appui du patron du Canadien de Montréal, Chantal Machabée, vice-présidente des communications du Canadien, confirmait alors à La Presse qu’il s’agissait d’« une fausse nouvelle ».
Son absence au défilé de la Fierté LGBTQ+ de Montréal en 2025 a été remarquée par de nombreux observateurs, et le fait qu’il n’ait émis aucun commentaire de soutien aux communautés LGBTQ+ sur ses réseaux sociaux laisse songeur.
Transition Montréal : équité sociale et revitalisation urbaine
Transition Montréal – Craig Sauvé est un parti politique municipal qui se présente comme progressiste et qui se positionne comme une alternative aux partis traditionnels montréalais. Son programme met l’accent sur l’équité sociale, la transparence gouvernementale, la revitalisation des quartiers et la valorisation des services publics.
Parmi ses propositions phares figurent l’instauration d’une taxe foncière progressive sur les propriétés de luxe de plus de 3,5 millions de dollars, dont les revenus seraient alloués à la lutte contre l’itinérance, ainsi que la création d’une équipe dédiée aux travaux publics simples, nommée Infra-Montréal. Le parti prévoit de présenter des candidats dans tous les arrondissements lors des élections municipales de novembre 2025.
Futur Montréal : diversité, transparence et inclusion
Quant à Futur Montréal avec Jean-François Kacou, il est un parti politique fondé en 2025 et centré sur l’équité, la transparence et l’inclusion. Il se distingue selon lui par une approche pragmatique et un engagement envers la diversité. Le parti prévoit de présenter 103 candidats lors des élections municipales 2025, incluant des maires d’arrondissement, des conseillers municipaux et d’arrondissement.
Son chef Jean-François Kacou est né à Abidjan, est un gestionnaire et conférencier ayant grandi en Côte d’Ivoire. Il a étudié en France avant de s’établir au Canada en 2012. En 2019, il est devenu le premier Néo-Québécois nommé directeur général d’une ville au Québec, à Percé. Il a ensuite dirigé le parti Ensemble Montréal avant de co-fonder Futur Montréal. Kacou est également président du Salon du Chocolat de Montréal et membre élu du comité exécutif de la Commission canadienne de l’UNESCO.
Le cas du Village gai : crise sociale et urbanistique
Une des pires catastrophes résultant des décisions de l’actuelle administration de Projet Montréal avec sa mairesse Valérie Plante est le centre-ville et particulièrement le Village gai, qui est passé de bijou autrefois convoité et visité par le monde entier à quartier en crise à tous les niveaux.
Crise du logement, avec des milliers d’itinérants qui y fréquentent de nombreux services sociaux tous regroupés dans le Village ; crise de la drogue et des surdoses, intensifiée par la présence importante de drogues dans le quartier qui ne reçoit pas l’attention nécessaire des services de police pour faire une différence ; crise de la saleté et de la crasse omniprésente, causées par une sorte de désespoir et de découragement des résidents et de plusieurs commerçants ; et même crise humanitaire qui fait sourire la mairesse lors de conférences de presse.
Et que dire de ce qui s’en vient ? Travaux majeurs sur la rue Sainte-Catherine Est pendant 4 à 5 ans, avec fermeture définitive de la rue pour la rendre piétonnière à l’année.
Appel au vote : changement et responsabilité citoyenne
Des commerçants très courageux tentent depuis peu de faire revivre le Village, en espérant que l’avenir y sera meilleur. Un pari audacieux qu’il faut saluer et respecter, mais avant toute chose, il faudra régler tôt ou tard la présence des individus à l’origine même des incivilités qui nuisent tant à l’image de notre quartier identitaire.
Pour que ça change, il faut du changement à la tête, et c’est en allant voter que nous arriverons collectivement à nous doter de décideurs aussi audacieux que les résidents et commerçants. Si vous décidez de ne pas voter cette année, ce qui est tout à fait votre droit, il ne faudra pas inonder les réseaux sociaux par la suite de commentaires, de plaintes et de photos dégradantes, car tout cela sera de votre responsabilité. ALLEZ VOTER !