Élections Québec 2026 : l’heure du bilan de Manon Massé (QS)

Manon Massé

Roger-Luc Chayer (Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby)

Manon Massé, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques depuis 2014

Manon Massé est députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, dans le Village gai de Montréal, depuis le 7 avril 2014, soit depuis 12 ans.

En 12 ans, et même avant son élection, alors qu’elle était candidate et œuvrait dans le domaine communautaire, Gay Globe n’a jamais été capable d’obtenir une seule entrevue avec elle, de la croiser ou de recevoir la moindre invitation pour ses annonces ou ses événements, qui concernent pourtant directement nos lecteurs, puisque nous sommes une publication qui s’adresse aux communautés LGBTQ+ et qu’elle est censée représenter le Village, travailler pour lui et contribuer à son développement.

Nous sommes loin de tout cela, et son bilan est l’un des pires de tous les élus du Québec, tous partis confondus. Est-ce que les LGBTQ+ se portent mieux grâce à elle ? Est-ce que les lois ont été modifiées ou améliorées grâce à elle ? Est-ce que le Village gai de Montréal se porte mieux, socialement et économiquement, grâce à elle ? Elle qui a eu 12 ans pour régler, ou tenter du moins de régler, certains problèmes majeurs du quartier le plus pauvre du Québec. Eh bien non, rien !

Biographie de Manon Massé

Manon Massé est une figure politique québécoise issue du milieu communautaire et des mouvements sociaux, dont le parcours est souvent présenté comme engagé et progressiste, mais qui fait aussi l’objet de critiques récurrentes quant à l’efficacité concrète de son action politique. Née le 10 octobre 1965 à Saint-Hubert, elle a œuvré pendant plusieurs années comme organisatrice communautaire avant d’entrer en politique, un engagement qui a largement façonné son discours axé sur la justice sociale, la lutte contre la pauvreté et la défense des minorités.

Élue députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques le 7 avril 2014 sous la bannière de Québec solidaire, elle représente depuis plus d’une décennie un territoire symboliquement important, comprenant notamment le Village gai de Montréal, l’un des quartiers les plus pauvres du Québec. Malgré cette longévité politique, son bilan est jugé par plusieurs observateurs comme décevant, en particulier sur le plan des résultats tangibles pour les citoyens de sa circonscription. Les problèmes chroniques du quartier, tels que la pauvreté persistante, l’itinérance, la dégradation du tissu commercial et le déclin économique et social du Village, demeurent largement irrésolus.

Au sein de Québec solidaire, Manon Massé a occupé un rôle de premier plan en tant que porte-parole féminine du parti de 2017 à 2023. Si cette fonction lui a permis d’accroître sa visibilité médiatique et de devenir l’une des personnalités les plus connues de la formation politique, ses détracteurs estiment que cette notoriété repose davantage sur un discours militant et symbolique que sur des réalisations législatives majeures.

Peu de lois structurantes ou de réformes concrètes peuvent être directement attribuées à son action personnelle, notamment en ce qui concerne les enjeux spécifiques touchant les communautés LGBTQ+ qu’elle est pourtant censée représenter de manière privilégiée.

Son style politique, souvent perçu comme direct et idéologique, est salué par ses partisans mais critiqué par d’autres pour son manque de pragmatisme et sa difficulté à transformer les revendications en résultats mesurables. Après plus de 12 ans à l’Assemblée nationale, Manon Massé incarne ainsi, pour une partie de l’électorat, les limites d’une politique fondée principalement sur le militantisme et la posture morale, sans retombées concrètes suffisantes pour améliorer durablement les conditions de vie des citoyens de sa circonscription.

Bilan politique et critiques

Dans les faits, Manon Massé a surfé sur le bras des électeurs de Sainte-Marie–Saint-Jacques, s’assurant une confortable pension à vie sans avoir fait quoi que ce soit de concret pour améliorer le Village. Aucune collaboration avec la mairesse Valérie Plante sur les enjeux sociaux, alors qu’elles se réclament pourtant d’un même courant philosophique, aucune collaboration avec le gouvernement Legault, aucune collaboration avec Gay Globe, qui est pourtant un média professionnel connaissant très bien les réalités et les enjeux du Village gai de Montréal, mais en revanche une excellente collaboration lorsqu’il s’agit de s’offrir de la visibilité auprès de notre compétiteur, lequel ne fait pas preuve du sens critique pourtant essentiel à un média sérieux.

Le legs de Manon Massé dans le Village

Le legs de Manon Massé dans le Village tient surtout de l’exercice de style et du symbole creux. Douze années de présence, une visibilité politique certaine, des discours bien sentis et des prises de position idéologiques impeccablement alignées, mais sur le terrain, le Village peut chercher longtemps les traces concrètes de cette longue représentation. Le quartier s’est appauvri, s’est fragilisé, a perdu des commerces, de son attrait et de sa vitalité, pendant que la députée accumulait les mandats sans jamais laisser derrière elle un projet structurant, une réforme marquante ou même une amélioration tangible du quotidien des résidents et des commerçants.

Son héritage ressemble davantage à une absence soigneusement entretenue qu’à une transformation réelle. Beaucoup de paroles, peu d’actions, encore moins de résultats mesurables. Le Village gai de Montréal, censé être au cœur de ses priorités symboliques et politiques, est resté un décor utile pour les discours et les photos, mais rarement un chantier pris à bras-le-corps. À défaut d’avoir laissé une empreinte durable, Manon Massé lègue surtout au Village un sentiment de rendez-vous manqué, celui d’un territoire emblématique qui aura servi de vitrine politique sans jamais devenir un véritable projet à défendre et à reconstruire.

Départ de la vie politique

Manon Massé ne se représentera pas aux prochaines élections provinciales. Elle a annoncé qu’elle ne sollicitera pas un quatrième mandat et qu’elle quittera la vie politique à la fin de son mandat actuel, qui se termine avec les élections provinciales prévues en octobre 2026. Elle restera toutefois députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques jusqu’à la dissolution de l’Assemblée nationale avant ces élections.

Merci Manon Massé !

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *