Roger-Luc Chayer
À l’approche des élections au Québec et alors que la souveraineté
revient au premier plan tant du côté du parti au pouvoir que
chez les oppositions, il serait intéressant de se questionner sur
les revendications historiques du Québec alors que le PQ ne veut
pas de référendum sur la souveraineté durant son premier mandat,
que Québec Solidaire et Option Nationale en veulent un dès
le lendemain d’une victoire théorique, etc. Ayant eu à réfléchir à de
nombreuses reprises sur les raisons de l’échec répété des référendums
au Québec alors que la population est toujours polarisée
dans ses opinions, il m’est venu à l’idée que nos politiciens s’y prenaient
peut-être mal au moment d’en parler. Nous savons tous, essentiellement,
que les anglophones votent à 99% toujours contre la
souveraineté alors que les francophones toujours autour de 70%,
et que les immigrants qui ont le droit de vote votent à près de 70%
contre. Ça, c’est la réalité des deux derniers référendums et le
résultat habituellement prévisible de chaque élection provinciale.
C’est ce qui fait que la majorité francophone est toujours dirigée ou
presque par un gouvernement décidé par la minorité anglophone.
Et pourtant, je pense que si la souveraineté était mieux expliquée à
l’ensemble de la population, que l’on soit pour ou contre, le résultat
pourrait changer et placer le Québec devant une conclusion plus
crédible, plus près de ses aspirations, qu’elles soient au sein de
la fédération canadienne ou autrement. Selon moi, les souverainistes
commettent toujours la même erreur. On n’explique jamais
la différence entre la souveraineté et la république et c’est là que
le débat devrait se faire. Quelle est la différence entre la souveraineté
proposée par le PQ depuis 40 ans, la souveraineté sous la
Couronne et la souveraineté sous la république?
Selon Wikipédia, la monarchie est dite constitutionnelle comme
celle en vigueur au Québec, lorsque les pouvoirs du monarque
sont définis par une constitution écrite qui fixe des lois fondamentales
prévoyant une séparation des pouvoirs. La monarchie est dite
parlementaire lorsque le chef du gouvernement, nommé par le roi
(ou la reine) lorsqu’il y en a un, est responsable devant le Parlement,
dans ce cas le monarque est le représentant de l’État au
titre de chef de l’État. La reine Élisabeth II, dans le cas présent, est
reine du Québec et chef de l’état québécois.
Toujours selon Wikipédia, la république désigne, avec le sens de
régime politique se voulant démocratique, les États dont le chef est
désigné par le peuple ou ses représentants. Dans ce sens, république
désigne le régime politique antinomique de la monarchie
dans laquelle l’unité du pouvoir est symbolisée par une seule personne,
appelée « monarque ». Cette définition n’implique pas que
la république soit démocratique.
Là où je trouve que les souverainistes se tirent dans le pied, c’est
qu’ils veulent toujours faire la souveraineté en même temps que la
république, se débarrasser du Canada en même temps que de la
reine, et c’est là que les Anglos n’embarquent pas. Si, à la place, ils
proposaient la souveraineté du Québec face à la fédération canadienne,
tout en gardant la structure politique identique à l’actuelle,
c’est-à-dire en conservant la reine comme chef d’état, je vous parie
que les anglophones seraient nombreux à réfléchir plus sérieusement
à cette possibilité. «La souveraineté sous la Couronne», garante
de la démocratie et évitant les dictateurs républicains serait
peut-être enfin une solution. Non? Écrivez-nous votre opinion!