L’ACTUALITÉ VIH/SIDA EN BREF

Un homme infecté par le VIH sous PrEP

(Séronet)

Ce n’est pas la première fois que l’on identifie une contamination alors que la personne prenait du Truvada (emtricitabine + ténofovir DF) en prophylaxie pré-exposition. Deux cas ont été précédem- ment documentés; il s’agissait alors de transmission d’un virus résistant au ténofovir et à l’emtricitabine, les deux antirétroviraux contre le VIH associés dans Truvada. Pour ce patient d’Amster- dam, suivi dans le cadre d’un essai néerlandais de PrEP (AM- PrEP), le cas est plus complexe. Il reste, pour l’instant, difficile à expliquer, si ce n’est à dire qu’effectivement, il peut arriver que dans de rares cas la PrEP ne parvienne pas à empêcher une infec- tion de se produire.

Après plus de six mois sous PrEP et ses tests à un, trois et six mois revenus négatifs, le participant à l’essai, un homme gay, la cinquantaine, s’est présenté à la clinique où il est suivi dans le cadre de l’essai pour un problème de fièvre, une inflammation de l’urètre et des difficultés à uriner. Un test de dépistage des anti- corps du VIH est alors effectué. Il se révèle positif. Pour autant, aucune charge virale n’est décelée et le test de détection des anti- gènes du VIH revient négatif. D’après les investigateurs de l’essai, le système immunitaire aurait pu réagir à des infections du VIH très localisées dans les intestins, riches en défenses immunitaires et n’ayant pas encore réussi à fuiter dans le sang en raison de la pré- sence forte du Truvada dans la circulation sanguine. Finalement, un test westernblot réagit «faiblement», indiquant la présence du virus. Trois semaines après, sa charge virale est à plus d’un million de copies : l’infection est installée.

Parmi les hypothèses avancées pour expliquer cette infection : la statistique. La PrEP : ce n’est pas efficace dans 100 % des cas. D’ailleurs, personne ne le prétend. L’idée qu’une infection localisée dans les cellules de l’intestin ait réussi à atteindre les ganglions lymphatiques est quasiment impossible en présence du Truvada dans le sang. Sauf que quasiment ne veut pas dire jamais. Il se peut que, cette fois-ci, une ou plusieurs infections intracellulaires dans les intestins aient réussi à échapper aux antirétroviraux pré- sents et à atteindre les ganglions. Le participant indique, par ail- leurs, avoir eu de nombreuses relations sexuelles non protégées par préservatif, multipliant les opportunités pour ce risque statis- tique de se réaliser. D’autres hypothèses sont avancées comme une réaction auto-immune au niveau de l’appareil génital qui aurait facilité l’accès du VIH au système immunitaire.

Découverte majeure à Montpellier : Les cel-

lules infectées par le virus du Sida identifiées

(France Info)

Depuis 20 ans tous les laboratoires du monde cherchaient à identi- fier les cellules porteuses du virus du sida et cette équipe de cher- cheurs montpelliérraine y est parvenue. «Chez les patients sous traitement, on a pu pour la première fois identifier les cellules qui hébergent le virus dormant. Ces cellules sont très rares, elles re- présentent une cellule sur un million. Grâce à nos travaux, on a pu identifier une protéine qui s’exprime à la surface de cette cellule,» explique Gaël Petitjean, chercheur de l’IGH Montpellier. Une pre- mière étape indispensable pour arriver un jour à guérir définitive- ment les malades du sida.

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