
Carle Jasmin (Image : IA / Gay Globe)
Une molécule provenant de plus de 200 espèces de champignons et principalement utilisée chez l’humain comme drogue semble avoir des effets surprenants chez les personnes atteintes de démence et de la maladie d’Alzheimer. Il s’agit de la psilocybine ou du champignon magique si vous préférez.
La psilocybine peut modifier la perception, les émotions, la pensée et la conscience. Ses effets varient selon la dose, l’état psychologique de la personne et l’environnement dans lequel elle est consommée. Elle peut provoquer des hallucinations visuelles et auditives, une altération de la perception du temps ainsi qu’un sentiment accru de connexion avec soi-même ou avec son environnement.
Depuis plusieurs années, des chercheurs étudient son potentiel thérapeutique dans le traitement de certaines maladies mentales, notamment la dépression résistante aux traitements, l’anxiété, le trouble de stress post-traumatique et certaines dépendances.
Les démences sont un groupe de maladies neurologiques qui entraînent une détérioration progressive des fonctions cognitives, notamment la mémoire, le raisonnement, le langage, l’orientation et la capacité à accomplir les tâches quotidiennes. Contrairement aux oublis normaux liés au vieillissement, les démences affectent suffisamment le cerveau pour nuire à l’autonomie de la personne.
La maladie d’Alzheimer est la forme de démence la plus fréquente. Elle représente environ 60 à 70 % des cas de démence. Cette maladie dégénérative provoque l’accumulation anormale de protéines dans le cerveau, ce qui entraîne la destruction progressive des cellules nerveuses et de leurs connexions.
Les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer sont souvent des troubles de la mémoire récente, comme oublier des conversations ou des rendez-vous. Avec le temps, la personne peut éprouver des difficultés à reconnaître des proches, à s’orienter dans des lieux familiers, à communiquer ou à prendre des décisions. À un stade avancé, elle devient généralement dépendante pour la plupart des activités de la vie quotidienne.
D’autres formes de démence existent également, notamment la démence vasculaire, causée par des problèmes de circulation sanguine dans le cerveau, la démence à corps de Lewy et la démence frontotemporale. Chacune possède des caractéristiques particulières, mais toutes impliquent une détérioration progressive des fonctions cérébrales.
Dans un article santé publié sur Facebook, on affirme qu’une femme atteinte d’Alzheimer se serait remise à parler après une seule prise de psilocybine. Est-ce possible ?
Oui, mais avec d’importantes nuances.
L’article semble s’appuyer sur un véritable rapport de cas scientifique publié en 2026 dans la revue scientifique Frontiers in Neuroscience. Les chercheurs y décrivent une femme d’une quatre-vingtaine d’années atteinte d’une maladie d’Alzheimer avancée qui ne parlait pratiquement plus depuis plusieurs années. Après l’administration d’une forte dose de psilocybine, elle aurait recommencé à tenir des conversations spontanées, à reconnaître davantage son entourage et à montrer une amélioration temporaire de certaines fonctions cognitives et physiques.
Il ne faut toutefois pas interpréter cela comme une guérison de la maladie d’Alzheimer.
Les auteurs de l’étude soulignent eux-mêmes qu’il s’agit d’un seul patient. Une étude portant sur une seule personne ne permet pas de démontrer qu’un traitement fonctionne de façon générale. Les chercheurs précisent également que leurs observations ne constituent pas une inversion ou une guérison de la pathologie cérébrale causée par Alzheimer.
Ce qui semble s’être produit est une amélioration temporaire de certaines capacités qui paraissaient perdues. Les scientifiques avancent l’hypothèse que la psilocybine pourrait momentanément réactiver certains réseaux cérébraux encore fonctionnels malgré la maladie, mais cette hypothèse doit être confirmée par des essais cliniques beaucoup plus vastes.
Communautés LGBT, démence et Alzheimer
Est-ce que les personnes des communautés LGBT ont tendance à être plus atteintes de démence que la population en général ?
À l’heure actuelle, il n’existe pas de preuve solide démontrant que les hommes gais développent la maladie d’Alzheimer ou d’autres formes de démence plus souvent que les hommes hétérosexuels. Les chercheurs soulignent plutôt que les données sont encore limitées et que les études portant spécifiquement sur les hommes gais demeurent rares.
Certaines recherches suggèrent toutefois que les personnes LGBTQ+ âgées pourraient présenter davantage de facteurs de risque associés à la démence, notamment la dépression, l’isolement social, le stress chronique, la discrimination, ainsi qu’un accès parfois moins favorable aux soins de santé. Ces facteurs sont reconnus comme pouvant influencer la santé cognitive à long terme.
Fait intéressant, une étude portant sur des adultes LGBTQ+ de plus de 60 ans a observé que les problèmes de mémoire auto-rapportés étaient plus fréquents chez les femmes lesbiennes, les personnes bisexuelles et les personnes transgenres que chez les hommes gais. Cette même étude n’a pas conclu que les hommes gais étaient particulièrement à risque comparativement aux autres groupes.
En ce qui concerne l’Alzheimer en général, les femmes sont plus nombreuses que les hommes parmi les personnes atteintes, même après avoir tenu compte de leur plus grande espérance de vie.
Le VIH augmente-t-il les risques de démence ?
Oui. Le VIH peut affecter le cerveau de plusieurs façons, même lorsqu’il est bien contrôlé par les traitements modernes.
Lorsque le virus est présent dans l’organisme pendant de nombreuses années, il peut provoquer une inflammation chronique de faible intensité qui touche également le système nerveux central. Chez certaines personnes vivant avec le VIH, cette inflammation persistante est associée à des difficultés cognitives appelées troubles neurocognitifs associés au VIH (HAND) (HIV-Associated Neurocognitive Disorders).
Raison de plus pour faire davantage de recherches sur la psilocybine, les maladies neurodégénératives, la démence, l’Alzheimer et les effets potentiels de cette molécule sur le vieillissement cérébral.
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