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Des chercheurs américains ont testé sur des singes une substance anti-sida capable de protéger du virus sur une longue durée. Ce «composé», baptisé eCD4-Ig, offre une «très, très forte protection» contre le VIH, explique le professeur Farzan.
L’expérimentation a été conduite sur des singes, et les résultats sont très encourageants. Des chercheurs américains ont injecté, en une seule fois, un composé baptisé eCD4-Ig à des macaques rhésus. Aucun de ces animaux n’a développé d’infection au sida contrairement aux singes non traités avec eCD4-Ig et utilisés comme témoins. Après avoir été traités avec ce cocktail, les macaques ont été soumis à des doses de plus en plus fortes de la version singe du virus du sida (SHIV-AD8). La substance anti-sida s’est avérée efficace pendant des mois.
Cela pourrait donc dans un futur proche déboucher sur un traitement à effet prolongé contre le VIH pour l’homme. Plus précisément, les données publiés dans la revue scientifique Nature montrent une protection efficace pendant au moins huit mois malgré des doses de SHIV quatre fois supérieures à celles ayant suffi à infecter les macaques témoins. Le composé eCD4-Ig offre une «très, très forte protection» contre le VIH, explique le
Pr Farzan, qui a dirigé l’étude. «Nous avons développé un inhibiteur très puissant et à large spectre» agissant sur le VIH-1, à savoir le principal type de virus du sida présent dans le monde, décrit le
Pr Michael Farzan. La substance est le fruit de plusieurs années de recherche principalement réalisée par The Scripps Research Institute – centre de recherche à but non lucratif basé en Floride – et financée par l’Institut public de recherche américain sur les maladies infectieuses NIAID.
La molécule eCD4-Ig agit en empêchant le virus du sida d’entrer dans les cellules du système immunitaire lymphocytes CD4 pour s’y reproduire. Elle neutralise pour ce faire deux récepteurs du VIH, qui sont nécessaires au virus pour entrer dans les cellules. Pour assurer cet effet prolongé, eCD4-Ig a été associé à un virus de type adéno-associé, inoffensif mais capable de s’introduire dans les cellules et de leur faire fabriquer indéfiniment la protéine protectrice afin de créer un effet anti-sida de longue durée. Ce double mode d’action assure une efficacité inhibitrice plus grande contre les différents types de virus du sida, même ceux connus pour être «difficiles à neutraliser». Cette découverte est une excellente nouvelle pour les malades. Les traitements actuels antirétroviraux sont très efficaces pour réduire à néant la charge virale [la quantité de virus présent dans le sang] chez les personnes infectées. Mais ils sont incapables d’éradiquer définitivement le VIH et les traitements doivent être pris à vie.