Roger-Luc Chayer
28 ans après une première rencontre professionnelle à Nice, voilà que les deux complices d’une lointaine époque se retrouvaient fin octobre, en personne, à Montréal lors de la première visite du pianiste français Didier Castell-Jacomin au Québec.
Tout a commencé en 1991 alors que Didier était étudiant au piano et que j’étais fraîchement reçu Premier prix de cor et Premier prix de musique de chambre, tous les deux au Conservatoire national de Nice en France. Étant chef de l’Orchestre des Solistes Méditerranéens depuis peu, je souhaitais offrir un programme en l’honneur de l’amitié France-Québec, car à l’époque, Nice était jumelée à Montréal. Après plusieurs mois de préparation, de voyages protocolaires entre Montréal et Nice, de répétitions privées avec Didier et après avoir ficelé l’ensemble du projet autant musicalement, diplomatiquement que financièrement, Didier a offert ses deux premiers concerts symphoniques en carrière les 24 juin et 1er juillet 1991 dans la magnifique salle comble de l’hôtel Le Scribe. Le public était si nombreux à vouloir assister à ces événements exceptionnels que la salle attenante au hall était elle aussi comble pour les deux concerts et des gens attendaient même dehors, dans la rue, espérant obtenir une place de dernière minute.
Ce très beau concert a d’ailleurs été filmé, on peut le voir et l’écouter intégralement sur Youtube au www.youtube.com/watch?v=i2EbU3THcEM
Depuis ce temps, Didier Castell-Jacomin s’est envolé sur les ailes d’une carrière le menant de Rome à Genève, en passant par Marseille, Paris, Bruxelles, Amsterdam et par le Carnegie Hall de New York où il excelle comme concertiste soliste ou chambriste.
En plus de faire carrière à l’international, Didier Castell-Jacomin est un important artiste d’enregistrement, lui qui a contribué à plus de six CD, dont 2 produits par Disques A Tempo, la division culture du Groupe Gay Globe, rien de moins!
Voilà donc que Didier, étant de passage à Baltimore et à Virginia Beach aux États-Unis pour une série de concerts en octobre et novembre dernier, décide de faire un petit crochet de 24h à Montréal le temps de revoir enfin le vieux complice que je suis et, du coup, de faire quelques visites de pianos, lui qui est devenu tout récemment un «artiste Steinway» officiel. Nous avons donc été reçus avec beaucoup de générosité par Maria Seminara du Collège Regina Assumpta (qui nous prêtait son grand Steinway) et par Simon Blanchette, directeur de la Chapelle historique du Bon-Pasteur, le temps d’expérimenter et de tomber amoureux du magnifique piano Fazioli, unique à Montréal. Didier nous reviendra d’ailleurs en 2021 pour quelques récitals et concerts, nous vous en reparlerons au moment venu!