
Roger-Luc Chayer (Image : Pixabay)
Une des pires absurdités que j’ai entendues en 33 ans de carrière journalistique provient d’un mouvement associé à des personnes pédophiles qui revendiquent le droit d’être reconnues comme une orientation sexuelle, au même titre que les gays, les lesbiennes, les bisexuels ou les personnes transgenres, et de pouvoir être incluses dans les drapeaux aux couleurs de la communauté LGBTQ+.
Des pédophiles se réclament d’une orientation sexuelle. Mais quelle absurdité!
Qu’est-ce qu’une orientation sexuelle ?
Une orientation sexuelle désigne l’attirance affective, romantique ou sexuelle qu’une personne peut ressentir envers d’autres personnes. Elle permet notamment de décrire vers quel sexe ou genre cette attirance est principalement dirigée, par exemple envers les personnes du sexe opposé, du même sexe ou de plusieurs sexes.
L’orientation sexuelle est une caractéristique qui décrit vers quelles personnes une personne peut ressentir une attirance affective, romantique ou sexuelle. Elle ne se résume donc pas à un comportement ou à un acte sexuel : elle concerne une dimension de l’identité et des sentiments d’une personne.
Une personne peut, par exemple, être hétérosexuelle si elle est principalement attirée par des personnes d’un autre sexe, homosexuelle si elle est principalement attirée par des personnes du même sexe, ou bisexuelle si elle peut ressentir de l’attirance envers plus d’un sexe. D’autres personnes peuvent se définir comme pansexuelles, asexuelles ou utiliser d’autres termes correspondant à leur expérience personnelle.
L’orientation sexuelle ne doit pas être confondue avec l’identité de genre, qui concerne la manière dont une personne se définit quant à son genre. Elle ne doit pas non plus être confondue avec un comportement sexuel : une personne peut avoir un comportement qui ne correspond pas nécessairement à l’orientation sexuelle à laquelle elle s’identifie.
Quelles sont les différences entre l’orientation sexuelle et la pédophilie ?
L’orientation sexuelle décrit une attirance affective, romantique ou sexuelle envers des personnes qui peuvent être du même sexe, d’un autre sexe, de plusieurs sexes, ou l’absence d’attirance sexuelle. Elle concerne donc la direction de l’attirance entre personnes capables d’entrer dans une relation sexuelle et affective entre adultes consentants.
La pédophilie, quant à elle, désigne une attirance sexuelle persistante envers des enfants qui n’ont pas encore atteint la puberté. Elle est généralement considérée en psychiatrie comme un trouble paraphilique lorsqu’elle répond aux critères cliniques établis. Un enfant ne peut pas donner un consentement sexuel équivalent à celui d’un adulte, ce qui crée une distinction fondamentale.
Une revendication visant à éviter la criminalisation
Ce n’est pas la première fois que j’entends des personnes essayer de développer la théorie àl’effet que la pédophilie serait une orientation. La première fois, c’est dans le cadre d’une défense dans un dossier criminel à Montréal alors que l’accusé avait essayé de convaincre le tribunal que la pédophilie était simplement un autre aspect de l’orientation sexuelle reconnue par la charte des droits et libertés. Évidemment le juge n’avait pas retenu cette défense,
Ce qui me dérange le plus dans cette théorie qui malheureusement fait son chemin grâce aux réseaux sociaux, c’est que des pédophiles se servent de nos droits et de nos reconnaissances historiques pour se défiler de la justice et de la psychiatrie.
Il s’agit clairement selon moi d’un mouvement qui tente de valider un crime et de le transformer par la rhétorique en une simple orientation sexuelle alors que les victimes de ces pédophiles sont des enfants qui ne sont ni en âge d’avoir du sexe avec des adultes ni en capacité de donner leur accord librement.
La pédophilie n’est pas une orientation sexuelle, c’est un crime !
Ce n’est pas la première fois que j’entends des personnes tenter de développer la théorie selon laquelle la pédophilie serait une orientation sexuelle. La première fois, c’était dans le cadre d’une défense présentée dans un dossier criminel à Montréal, alors que l’accusé avait tenté de convaincre le tribunal que la pédophilie constituait simplement un autre aspect de l’orientation sexuelle protégée par la Charte des droits et libertés. Évidemment, le juge n’avait pas retenu cette défense.
Ce qui me dérange le plus dans cette théorie, qui semble malheureusement gagner du terrain grâce aux réseaux sociaux, c’est que des personnes pédophiles tentent de s’appuyer sur les droits et les reconnaissances historiques obtenus par les communautés LGBTQ+ pour échapper aux conséquences judiciaires et à la réalité clinique de la pédophilie.
Il s’agit clairement, selon moi, d’une démarche visant à banaliser ou à légitimer des comportements criminels en les présentant, par la rhétorique, comme une simple orientation sexuelle. Or, les victimes de ces abus sont des enfants qui ne sont ni en âge d’avoir des relations sexuelles avec des adultes ni en mesure de donner librement un consentement sexuel.
La pédophilie n’est pas une orientation sexuelle. Les abus sexuels commis envers des enfants sont des actes criminels et leurs victimes doivent être protégées.
Ce que disent les lois sur la pédophilie et les abus sexuels envers les enfants
Sur le plan juridique, il faut d’abord faire une distinction importante : la pédophilie en tant qu’attirance n’est généralement pas, à elle seule, une infraction criminelle. Ce sont les actes sexuels commis envers des enfants, leur exploitation, leur sollicitation ou la production et la possession de matériel sexuel impliquant des enfants qui sont criminalisés. Cette distinction est importante pour éviter de confondre une caractéristique clinique avec un acte criminel.
Au Canada, et donc au Québec, le Code criminel ne crée pas une infraction appelée simplement « pédophilie ». Il criminalise plutôt une série de comportements sexuels impliquant des enfants. L’âge général du consentement sexuel est fixé à 16 ans, avec certaines exceptions d’âge rapproché et des protections supplémentaires pour les jeunes de 16 et 17 ans lorsqu’il existe une relation d’autorité, de confiance, de dépendance ou d’exploitation.
Le Code criminel prévoit notamment l’infraction de contacts sexuels lorsqu’une personne touche, à des fins sexuelles, une personne âgée de moins de 16 ans. Il criminalise également le fait d’inciter un enfant à avoir des contacts sexuels, l’exploitation sexuelle de certains jeunes, ainsi que le leurre d’enfants par des moyens de télécommunication dans le but de faciliter certaines infractions sexuelles.
La loi canadienne est également particulièrement sévère envers le matériel d’abus et d’exploitation sexuels d’enfants. La production, la distribution, la possession et même l’accès conscient à ce type de matériel constituent des infractions criminelles passibles de peines d’emprisonnement.
Aux États-Unis, la situation est comparable dans son principe, mais le système juridique est différent puisque les États disposent de leurs propres lois criminelles. Le gouvernement fédéral criminalise notamment les abus sexuels envers les enfants dans certaines circonstances ainsi que la production, la distribution et la possession de matériel d’exploitation sexuelle des mineurs. Les affaires qui se produisent entièrement à l’intérieur d’un État relèvent généralement des autorités et des lois de cet État, sauf lorsqu’une compétence fédérale s’applique.
En Europe, il n’existe pas une seule loi criminelle européenne qui remplacerait les législations nationales. Toutefois, les pays membres du Conseil de l’Europe sont encadrés par la Convention de Lanzarote, qui vise précisément la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels. Elle demande aux États de criminaliser les différentes formes d’abus sexuels envers les enfants, notamment les agressions sexuelles, l’exploitation sexuelle, le « grooming », la corruption de mineurs, la prostitution des enfants et les infractions liées au matériel d’abus sexuel d’enfants.
Les systèmes juridiques ne traitent pas la simple existence d’une attirance pédophile comme s’il s’agissait automatiquement d’un crime, mais ils criminalisent fermement les actes sexuels commis envers des enfants et les différentes formes d’exploitation sexuelle qui les entourent.
Cette distinction est essentielle dans un débat public, puisqu’elle permet de parler de la pédophilie comme d’une réalité clinique sans pour autant présenter l’abus sexuel d’un enfant comme une orientation sexuelle ou comme un comportement protégé par les droits fondamentaux.
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