
GAY GLOBE MAGAZINE — ÉDITION #64
« SIDA : On y arrivera, let’s go! »
Édition #64 — 2009 — 32 pages
Le #64 est une édition particulièrement importante dans la série historique de Gay Globe Magazine. Elle paraît à l’automne 2009, dans un contexte où l’annonce des premiers résultats encourageants d’un vaccin contre le VIH provoque un immense espoir dans la communauté scientifique et surtout chez les personnes directement touchées par le SIDA.
L’éditorial de Roger-Luc Chayer porte précisément sur cette question. Sous le titre « SIDA : On y arrivera, let’s go! », l’éditeur assume une position volontairement enthousiaste face aux résultats alors annoncés du vaccin thaïlandais. Il reconnaît que les chercheurs appellent à la prudence, mais considère que la communauté gaie a suffisamment vécu de morts et de souffrances pour avoir le droit de célébrer une première bonne nouvelle.
Le numéro va cependant beaucoup plus loin que le VIH. Il consacre un vaste dossier à l’andropause, parle du don de sang des homosexuels en France, du « Gaydar » de Facebook, du tourisme gai au Canada, de Farrah Fawcett, de la vie en prison, du vieillissement gai, des élections municipales de Montréal, de la crémation, des demandes d’asile, de la position de la Libye à l’ONU et de l’acteur bisexuel Farley Granger.
La structure du numéro montre déjà très clairement le positionnement de Gay Globe : santé + information + politique + vie communautaire + culture, avec une place importante accordée à la recherche scientifique.
Le PDF original est toujours disponible dans les archives de Gay Globe.
Gay Globe Magazine #64 — PDF intégral
TABLE DES MATIÈRES DÉTAILLÉE
| Page | Titre | Sujet traité |
|---|---|---|
| 1 | Couverture — Gay Globe Magazine #64 | Couverture photographique signée GlamBazar, annonçant une édition fortement axée sur la santé et le VIH. |
| 2 | Publicité / page intérieure | Page intérieure consacrée au dispositif publicitaire du magazine et à son environnement éditorial. |
| 3 | Éditorial — SIDA : On y arrivera, let’s go! | Roger-Luc Chayer réagit avec enthousiasme aux premiers résultats encourageants d’un vaccin contre le VIH. Il rappelle les années de mortalité massive précédant la trithérapie et explique que son engagement contre le SIDA constitue pour lui une forme de « vengeance personnelle », ayant perdu des proches et des collègues à cause de la maladie. Il refuse que la prudence scientifique empêche la communauté de savourer une première véritable bonne nouvelle. |
| 4 | Découverte — Un vaccin contre le VIH | Dossier sur l’annonce du 24 septembre 2009 concernant l’essai thaïlandais RV144. La combinaison de deux vaccins aurait réduit d’environ 31 % le risque d’infection chez les personnes vaccinées. L’article explique la phase III, les quelque 16 000 volontaires et les résultats obtenus. La page contient également un encadré annonçant le renouvellement du soutien de Gay Globe aux soirées Bears du Sauna Ste-Cath. |
| 5 | Sauna Ste-Cath — Le sauna le plus vaste et le plus convivial à Montréal | Chronique consacrée à la popularité croissante du Sauna Ste-Cath. Le texte insiste sur l’affluence des soirées Bears, la propreté des installations, le bain tourbillon, les saunas et l’entretien des espaces communs. L’auteur aborde également la question du pourboire donné au personnel. |
| 6 | Santé — L’andropause expliquée | Début d’un important dossier sur l’andropause, ou hypogonadisme masculin. Le texte explique la diminution de la testostérone avec l’âge, son rôle dans les muscles, la sexualité, les os et différentes fonctions métaboliques. Le dossier présente l’andropause comme un phénomène du vieillissement plutôt qu’une maladie. La page contient également une nouvelle sur Laurent Drelon, militant français qui réclame le droit pour les homosexuels de donner leur sang. |
| 7 | Publicité | Page publicitaire pleine page. |
| 8 | Santé — L’andropause (suite) | Explication détaillée du fonctionnement de la testostérone et des effets de sa diminution : perte musculaire, douleurs articulaires, troubles de l’humeur, baisse du désir sexuel et modifications de différentes fonctions physiologiques. Le dossier présente aussi le « Gaydar » développé à partir de données Facebook et les inquiétudes relatives à la possibilité de déduire l’orientation sexuelle d’une personne à partir de son réseau social. |
| 9 | Publicité | Page publicitaire. |
| 10 | Santé — L’andropause (suite) | Présentation des symptômes classés par la Société canadienne d’andrologie : bouffées de chaleur, sudation, insomnie, nervosité, diminution de la force musculaire, obésité abdominale, troubles de l’humeur, fatigue, baisse de la libido, dysfonction érectile et modification de l’orgasme. Le texte explique aussi les examens sanguins permettant de distinguer l’andropause d’autres maladies. |
| 11 | Publicité | Page publicitaire pleine page. |
| 12 | Voyager gai — Le Canada a la cote aux USA! | Dossier touristique basé sur une étude américaine consacrée aux voyageurs LGBT. Vancouver, Toronto et Montréal arrivent parmi les principales destinations canadiennes. Le texte présente les attraits de Vancouver, Toronto et Montréal : Pride, Village gai, vie culturelle, plages, vie nocturne et environnement gay-friendly. La page contient également un dossier sur un auto-vaccin contre le SIDA développé à Montréal, dont les premiers résultats sont présentés comme très prometteurs. |
| 13 | Publicité | Page publicitaire. |
| 14 | Farrah Fawcett — With angel love and forever… | Hommage à Farrah Fawcett, décédée d’un cancer après plusieurs années de maladie. Roger-Luc Chayer raconte que Gay Globe avait publié un article sur son combat avant son décès. La rédaction reçoit ensuite une lettre de Ryan O’Neal, accompagnée de photographies, remerciant Gay Globe pour ses textes sur Farrah. Le magazine met également à disposition une photographie haute résolution de l’actrice. |
| 15 | Publicité | Page publicitaire. |
| 16 | Chronique — La vie gaie en prison aux USA | Stéphane G. commence son récit de vie carcérale en Floride. Il raconte son départ du Québec pour les États-Unis, son amour américain, la rupture qui précède sa descente aux enfers et son arrestation. Il explique sa peur d’être identifié comme homosexuel en prison, avant de constater que son orientation peut aussi lui conférer une certaine forme de protection. La page présente également la future Pride House des Jeux olympiques de Vancouver 2010, destinée aux athlètes LGBT et à leurs proches. |
| 17 | Publicité | Page publicitaire, notamment consacrée aux services de santé destinés aux hommes gais. |
| 18 | Vieillir gai — Hébergement et suivi médical | Dossier sur le vieillissement des hommes gais et l’importance d’un suivi médical adapté. L’article présente les résidences, appartements supervisés, CHSLD et services spécialisés comme des moyens de préserver l’autonomie et la qualité de vie. Le Complexe Maison Urbaine est présenté comme une résidence spécialisée pour hommes gais. La page traite également de la vaccination H1N1 et de la réticence croissante des Français à se faire vacciner. |
| 19 | Publicité | Page publicitaire. |
| 20 | Élections Montréal 2009 — Gay Globe recommande Richard Bergeron | Pour la première fois, Gay Globe rompt explicitement avec sa tradition de réserve électorale et recommande aux Montréalais de voter pour Richard Bergeron de Projet Montréal. Roger-Luc Chayer critique sévèrement l’administration de Gérald Tremblay, notamment l’état de Montréal, la saleté, les problèmes sociaux et les scandales de corruption. Il critique également l’équipe de Louise Harel, notamment son association avec Benoît Labonté et Réal Ménard. |
| 21 | Publicité | Page publicitaire regroupant notamment Pharmaprix, Travelodge Montréal et Promenade Masson. |
| 22 | Crémation — Une affaire d’économies | Roger-Luc Chayer aborde directement la question de la disposition du corps après la mort. Il compare enterrement, crémation et incinération et explique les différences techniques entre ces termes. Le texte présente la crémation comme une solution moins coûteuse et plus économe en espace que l’inhumation, tout en réfléchissant aux dimensions psychologiques et symboliques de la mort. La page contient également une réflexion humoristique sur l’édition « santé » de Gay Globe. |
| 23 | Publicité | Page publicitaire. |
| 24 | Judiciaire — Les faux réfugiés mexicains gais | Dossier controversé sur un jeune escort mexicain présenté sous le prénom fictif de Sasha. Le magazine affirme qu’il aurait demandé le statut de réfugié au Canada en invoquant des persécutions liées à son homosexualité afin de pouvoir continuer à travailler comme escorte au Canada. Le texte pose la question de l’équité entre les véritables demandeurs d’asile et ceux qui utiliseraient le système à d’autres fins. |
| 25 | Publicité | Page publicitaire. |
| 26 | ONU — Le président d’assemblée libyen dit non aux gais! | Article sur Ali Abdussalam Treki, président libyen de l’Assemblée générale des Nations unies, qui déclare que la dépénalisation de l’homosexualité n’est pas acceptable selon sa vision religieuse et culturelle. Le texte rappelle qu’une déclaration soutenant la dépénalisation universelle avait été signée par 66 pays, tandis que plusieurs dizaines d’États s’y opposaient. |
| 27 | Publicité | Page publicitaire. |
| 28 | Culture — L’aventure bisexuelle de Farley Granger dans les années 40 et 50 | Portrait de l’acteur américain Farley Granger, vedette de La Corde et de L’Inconnu du Nord-Express. Le dossier insiste sur sa bisexualité assumée. Granger raconte dans son autobiographie avoir aimé aussi bien les hommes que les femmes et n’avoir jamais ressenti de honte ni de besoin de s’excuser de ses choix amoureux. La page présente également les premiers prix IRSC-JAMC récompensant huit chercheurs canadiens en santé. |
| 29 | Publicité | Page publicitaire consacrée notamment à GayQuebec.net. |
| 30 | Le Québec, Eldorado des chercheurs | Article sur l’attraction exercée par le Québec sur les chercheurs français. Le dossier présente les universités québécoises comme offrant de meilleures conditions de travail, davantage de reconnaissance et des possibilités de financement. La page contient également une importante nouvelle scientifique : des chercheurs québécois et internationaux concluent que l’interleukine-2 (IL-2) n’apporte pas les bénéfices attendus dans le traitement du VIH/SIDA et recommandent l’arrêt des essais cliniques. |
| 31 | Publicité | Grande publicité pour le Sauna BackBoy’s de Québec. |
| 32 | Quatrième de couverture — Publicité | Page extérieure arrière consacrée à la publicité commerciale du numéro. |
LES GRANDS DOSSIERS DU #64
Le vaccin contre le VIH : l’espoir au centre du numéro
Le véritable cœur éditorial du #64 est l’annonce du 24 septembre 2009.
Le magazine présente alors les résultats de l’étude thaïlandaise comme une avancée historique. Le vaccin combiné ne protège pas complètement contre le VIH, mais une réduction d’environ 31 % du risque d’infection est considérée comme suffisamment importante pour créer un immense espoir.
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est la réaction éditoriale de Roger-Luc Chayer.
Il ne veut pas que la prudence scientifique transforme cette annonce en non-événement.
Son raisonnement est essentiellement humain : après des années de morts, de funérailles et de souffrances, la communauté a le droit de se réjouir.
L’éditorial est donc beaucoup plus émotionnel que scientifique.
L’auto-vaccin montréalais
Le numéro présente également une autre piste, beaucoup plus locale : un auto-vaccin développé à Montréal.
Selon l’article, le principe consiste à prélever certains éléments du virus chez une personne séropositive, à les manipuler en laboratoire puis à les réintroduire afin de stimuler une réponse immunitaire.
Le magazine affirme alors des résultats extrêmement prometteurs chez les premiers patients suivis.
Avec le recul scientifique actuel, il faut évidemment distinguer les résultats préliminaires rapportés à l’époque de ce qui a finalement été validé comme traitement ou vaccin. Mais historiquement, cet article montre bien l’intensité de l’espoir qui entourait les recherches sur le VIH en 2009.
Le grand dossier sur l’andropause
Le #64 consacre pas moins de trois pages principales à l’andropause.
C’est important parce que Gay Globe ne réduit déjà plus la santé gaie au VIH.
Le magazine parle de :
testostérone,
vieillissement masculin,
masse musculaire,
désir sexuel,
dysfonction érectile,
humeur,
mémoire,
os,
obésité abdominale,
fatigue et
qualité de vie.
Le texte tente aussi de faire comprendre aux lecteurs que certains symptômes attribués simplement au vieillissement peuvent être liés à une diminution hormonale et méritent une consultation médicale.
Le « Gaydar » de Facebook
Le dossier de la page 8 est étonnamment prémonitoire.
En 2009, des chercheurs du MIT étudient la possibilité de prédire l’orientation sexuelle d’une personne en analysant ses connexions Facebook.
L’étude ne cherche pas officiellement à « outer » les utilisateurs, mais le principe soulève immédiatement une question majeure : les informations que nous révélons indirectement sur les réseaux sociaux peuvent-elles permettre de déterminer une caractéristique personnelle que nous n’avons jamais déclarée?
À l’époque, cette question est encore relativement nouvelle.
Aujourd’hui, elle apparaît presque comme un précurseur des débats sur la confidentialité, l’intelligence artificielle et le profilage algorithmique.
Farrah Fawcett : un hommage qui devient personnel
Le dossier de la page 14 est probablement l’un des plus émouvants de cette édition.
Gay Globe avait publié un article sur Farrah Fawcett alors qu’elle combattait encore son cancer.
Après sa mort, Ryan O’Neal écrit directement à la rédaction pour remercier le magazine.
Il indique notamment que Farrah aurait été heureuse de lire les propos publiés.
Gay Globe choisit alors de partager cette correspondance avec ses lecteurs et met à disposition une photographie de Farrah en haute résolution.
Cela donne au magazine une dimension internationale assez exceptionnelle pour une publication LGBT québécoise de cette époque.
Stéphane G. : la prison américaine
La chronique de Stéphane G. commence véritablement dans ce numéro.
Il raconte son arrivée dans une prison américaine après avoir vécu en Floride.
Son récit ne porte pas seulement sur les conditions carcérales.
Il parle aussi de l’identité homosexuelle dans un milieu où elle peut devenir dangereuse, de la nécessité de dissimuler certains traits de personnalité et du processus de reconstruction personnelle.
Le texte annonce une série qui deviendra ensuite une rubrique importante des archives de Gay Globe.
Vieillir gai
La page 18 constitue un autre élément important de l’évolution éditoriale de Gay Globe.
Le magazine commence à parler explicitement du vieillissement des hommes gais.
L’article pose une question qui était alors relativement peu présente dans les médias LGBT :
Que se passe-t-il lorsque les hommes qui ont construit la communauté gaie vieillissent?
Gay Globe parle de résidences, de CHSLD, d’appartements supervisés, de suivi médical et de maintien de l’autonomie.
Le Complexe Maison Urbaine est présenté comme une réponse spécifiquement adaptée aux hommes gais.
Gay Globe prend position aux élections municipales
La page 20 constitue une rupture éditoriale importante.
Le magazine recommande explicitement Richard Bergeron pour la mairie de Montréal.
Le texte est extrêmement critique envers Gérald Tremblay, alors maire sortant.
Roger-Luc Chayer décrit une ville dégradée par la saleté, les problèmes sociaux, la prostitution, la drogue et les scandales politiques.
Il critique aussi Louise Harel pour son association avec Benoît Labonté et Réal Ménard.
Le texte montre que Gay Globe ne se contente plus de couvrir les élections : il assume désormais clairement une position éditoriale.
Les demandes d’asile et la prostitution
La page 24 est probablement la plus controversée du numéro.
Le magazine utilise le cas d’un jeune escort mexicain comme point de départ pour discuter du système canadien de l’immigration et du statut de réfugié.
L’article soutient que le demandeur aurait utilisé une revendication d’asile liée à son homosexualité afin de rester au Canada et de poursuivre son activité professionnelle.
Le texte soulève ainsi une tension particulièrement délicate : comment protéger réellement les homosexuels persécutés tout en empêchant les abus du système?
Il faut naturellement lire ce dossier comme un article d’opinion et d’enquête publié en 2009, et non comme une preuve générale que les demandes d’asile LGBT seraient frauduleuses.
L’ONU et l’homosexualité
Le dossier de la page 26 replace Gay Globe dans une perspective internationale.
Le président libyen de l’Assemblée générale de l’ONU, Ali Abdussalam Treki, refuse alors de soutenir la dépénalisation universelle de l’homosexualité.
Gay Globe rappelle qu’environ 77 pays criminalisent encore l’homosexualité et que plusieurs prévoient alors la peine de mort.
Le numéro montre donc clairement que, même si le Canada vient de légaliser le mariage gai et que Montréal bénéficie d’une grande visibilité LGBT, la situation internationale reste extrêmement dangereuse.
Farley Granger : bisexualité assumée
La page 28 est une véritable page d’histoire LGBT.
Farley Granger est présenté comme un acteur qui a aimé les hommes et les femmes sans chercher à cacher cette réalité.
Son témoignage est particulièrement intéressant parce qu’il contraste avec le système hollywoodien des années 1940 et 1950, où les carrières des acteurs étaient fortement contrôlées et où l’homosexualité devait généralement rester secrète.
Le magazine insiste donc sur une forme de liberté personnelle assez exceptionnelle pour son époque.
La recherche scientifique québécoise
La dernière page rédactionnelle, page 30, est consacrée au rôle du Québec dans la recherche.
Les chercheurs français sont attirés par les universités québécoises, qui leur offrent selon le dossier de meilleures conditions de recherche et davantage de reconnaissance.
Mais la page revient aussi au VIH avec une information scientifique importante concernant l’interleukine-2.
Les chercheurs constatent que l’augmentation des CD4 provoquée par l’IL-2 ne se traduit pas par une amélioration clinique suffisante et recommandent donc l’arrêt des essais utilisant cette substance.
Cette juxtaposition est très caractéristique du #64 : le Québec est à la fois présenté comme une terre d’accueil pour les chercheurs et comme un lieu où s’effectue une recherche importante sur le VIH.
LE #64 DANS L’HISTOIRE DE GAY GLOBE
Le #64 est probablement l’un des numéros les plus révélateurs de la transition éditoriale de Gay Globe à la fin des années 2000.
Le magazine conserve encore une forte dimension commerciale — saunas, tourisme, pharmacies, services funéraires, résidences, médias et commerces — mais son contenu rédactionnel devient beaucoup plus ambitieux.
Il y a surtout trois grandes lignes éditoriales.
La première est évidemment le VIH/SIDA. Le vaccin, l’auto-vaccin, la recherche, l’IL-2 et les questions de santé occupent une place centrale.
La deuxième est la santé masculine. L’important dossier sur l’andropause et celui sur le vieillissement gai montrent que Gay Globe cherche à élargir sa conception de la santé LGBT.
La troisième est l’engagement politique et social. Le magazine recommande un candidat à la mairie de Montréal, critique les institutions religieuses et politiques, parle de l’ONU, des réfugiés, des prisons et des droits des homosexuels.
Et il y a une quatrième dimension qui commence à devenir très importante : l’internationalisation.
Vancouver, Toronto, Montréal, la France, la Libye, le Mexique, les États-Unis et Hollywood apparaissent dans le même numéro.
C’est donc un magazine montréalais, mais qui cherche clairement à se présenter comme un média gai québécois à portée internationale.
Le #64 est également très représentatif de l’époque par sa combinaison de journalisme traditionnel et Web. Les articles renvoient à Gay Globe TV et à des contenus téléchargeables, tandis que le magazine utilise encore abondamment les références provenant de Google, Wikipédia, CNW, Radio-Canada, Le Figaro, Numerama, Psychomédia et d’autres médias.
Enfin, son éditorial résume probablement le mieux l’esprit de l’édition : après plus de 25 ans de SIDA et des milliers de morts, Gay Globe veut croire que la communauté peut enfin entrevoir une sortie de crise.
C’est ce qui donne au #64 sa tonalité particulière : un numéro profondément marqué par le traumatisme du SIDA, mais exceptionnellement tourné vers l’espoir.