Testostérone : ce que vous ignorez encore

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Arnaud Pontin (Image : IA / Gay Globe)

La testostérone, vous connaissez? On en parle partout et souvent dans les articles de Gay Globe, mais peu de gens savent qu’il s’agit de l’une des hormones les plus importantes du corps humain, chez les hommes comme chez les femmes.

On pense souvent que cette hormone est purement masculine, qu’elle est liée à la libido ou que, lorsqu’elle est utilisée de façon excessive, elle peut entraîner une musculature exagérée chez les jeunes hommes et les culturistes. Mais la testostérone nous réserve bien sûr beaucoup plus de surprises que ces clichés un peu surfaits.

Qu’est-ce que la testostérone au juste ?

Selon les compendiums pharmaceutiques et médicaux, la testostérone est une hormone produite naturellement par l’organisme, principalement par les testicules chez l’homme et, en plus petites quantités, par les ovaires et les glandes surrénales chez la femme. Elle joue un rôle important dans le développement sexuel, la libido, la production de spermatozoïdes, la masse musculaire et la solidité des os.

Mais la testostérone ne se résume pas à une « hormone masculine ». Elle participe aussi à l’énergie, à la composition du corps, à l’humeur et au maintien de plusieurs fonctions essentielles. Son taux varie naturellement avec l’âge et d’une personne à l’autre. Un taux trop faible ou, au contraire, anormalement élevé peut avoir des effets sur la santé.

Chez l’homme, la testostérone joue un rôle beaucoup plus vaste que celui qu’on lui attribue généralement. Elle participe au désir sexuel, aux érections spontanées, à la production des spermatozoïdes, au maintien de la masse et de la force musculaires, à la solidité des os et à la production des globules rouges. Elle intervient également dans l’énergie, la motivation, la concentration et l’équilibre général de l’organisme.

Lorsque le taux de testostérone devient trop faible, l’homme peut progressivement ressentir une diminution de la libido, une fatigue inhabituelle, une baisse de la force musculaire et parfois des difficultés érectiles. Certains hommes constatent également une diminution de leur pilosité, une augmentation de la masse grasse, des changements d’humeur, des problèmes de concentration ou une baisse générale de leur motivation. Dans les cas plus importants, une faible testostérone peut aussi affecter la fertilité et la santé des os.

Il faut toutefois être prudent avant d’attribuer ces symptômes à la testostérone. La fatigue, la baisse du désir, les troubles de l’érection ou les changements de poids peuvent avoir de nombreuses autres causes. Un véritable déficit en testostérone ne se diagnostique donc pas uniquement à partir des symptômes : les recommandations médicales exigent généralement la présence de symptômes compatibles avec une déficience et la confirmation d’un taux sanguin anormalement bas, mesuré correctement et généralement vérifié une seconde fois le matin.

Chez l’homme vieillissant, le taux de testostérone peut diminuer progressivement, mais vieillir ne signifie pas automatiquement être en déficit de testostérone. C’est précisément cette distinction qui est importante lorsqu’on parle de traitement hormonal.

Et chez la femme ?

Chez la femme, la testostérone est également une hormone naturelle et importante, même si elle est produite en quantité beaucoup plus faible que chez l’homme. Elle provient principalement des ovaires et des glandes surrénales et contribue notamment au désir sexuel, à la masse musculaire, à la solidité des os ainsi qu’au maintien général de l’énergie et du bien-être.

Lorsque son taux devient particulièrement faible, certaines femmes peuvent constater une diminution du désir sexuel, une fatigue plus importante, une baisse de la force musculaire ou encore une diminution du sentiment général de bien-être. Ces manifestations sont toutefois difficiles à attribuer uniquement à la testostérone, car elles peuvent également être liées à la ménopause, au stress, au sommeil, à certains médicaments ou à d’autres changements hormonaux.

La situation est donc différente de celle de l’homme : un simple dosage sanguin de testostérone ne permet pas, à lui seul, de déterminer qu’une femme souffre d’un « manque de testostérone ». Les spécialistes considèrent surtout le contexte clinique et les symptômes. Chez certaines femmes ménopausées présentant un trouble persistant du désir sexuel, une thérapie à base de testostérone peut être envisagée sous supervision médicale, mais son utilisation doit être précise et surveillée.

La testostérone n’est donc pas exclusivement une « hormone masculine ». Elle fait partie de l’équilibre hormonal des deux sexes et, chez la femme comme chez l’homme, son rôle dépasse largement la seule sexualité.

Quels sont les dangers de la surconsommation non supervisée ?

ne consommation excessive de testostérone, particulièrement lorsqu’elle est utilisée sans diagnostic médical, sans dosage sanguin et sans suivi, peut devenir dangereuse. Il faut surtout distinguer la testostérone prescrite pour corriger un véritable déficit hormonal de l’utilisation de doses très élevées, notamment dans un objectif de musculature ou de performance. Les doses supraphysiologiques exposent à des risques beaucoup plus importants.

Chez l’homme, l’un des effets les plus importants est l’augmentation excessive des globules rouges. Le sang peut devenir plus épais, ce qui peut favoriser la formation de caillots. La testostérone à fortes doses peut également supprimer la production naturelle de testostérone par les testicules et réduire fortement la production de spermatozoïdes, parfois avec des conséquences prolongées.

Une utilisation excessive peut également provoquer de l’acné, une augmentation de la masse musculaire et de la masse corporelle, une augmentation du volume des seins chez certains hommes, une diminution du volume des testicules et des problèmes de fertilité. Elle peut aussi aggraver ou favoriser certains troubles, notamment l’apnée du sommeil.

Le système cardiovasculaire mérite également une attention particulière. Les données scientifiques sont complexes : les études récentes n’ont pas démontré une augmentation générale des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux avec une thérapie correctement prescrite, mais l’Endocrine Society souligne que des risques demeurent, notamment une augmentation observée des embolies pulmonaires dans certains essais. Avec des doses beaucoup plus élevées que celles utilisées médicalement, les risques cardiovasculaires et métaboliques deviennent particulièrement préoccupants.

Il existe aussi des effets psychologiques et comportementaux possibles avec l’utilisation de doses très élevées d’androgènes : changements d’humeur, irritabilité, agressivité et, après l’arrêt, un syndrome de sevrage pouvant s’accompagner d’une forte baisse d’énergie ou de l’humeur.

Chez la femme, un excès de testostérone peut entraîner des signes de virilisation, notamment une augmentation de la pilosité, de l’acné, une modification de la voix et des changements de la composition corporelle. Les recommandations médicales insistent donc sur la surveillance des signes d’excès d’androgènes lorsqu’une femme reçoit de la testostérone.

En règle générale, si un dosage sanguin de la testostérone démontre un faible taux de cette hormone dans le sang et que des symptômes spécifiques accompagnent cette baisse, une prescription médicale, sous surveillance, peut grandement contribuer à améliorer la qualité de vie des personnes présentant un déficit en testostérone.

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